Lunes Rouges

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lundi, juin 30 2008

Arcane XIX


Arcane XIX, tarot The Old Path

Lorsque l'on doute, de soi, de l'autre, de nos projets, de ce que l'on fait de ses mains, de ses rêves... On a parfois envie de se raccrocher à l'immatériel. Dans ces moments, je peins des images sans les penser et je scrute celles des autres. Je laisse les symboles parler directement à mon âme pour qu'ils la pansent, la rassurent et la réconfortent.

Dans la boîte de ma grand-mère, je range mes tarots favoris. J'y place quelques grains d'oliban. Ainsi, les cartes ne se chargeront pas d'une énergie que je ne veux pas. Je les interroge et elles désignent l'une d'entre elles pour que je la garde sur moi quelques jours, comme un talisman.

vendredi, juin 27 2008

John Barleycorn ou Jean Grain d'Orge

Lammas le 1er août est sacré car associé au Roi Rouge que l’on sacrifie et par analogie on l’associe à la mort et à la résurrection de John Barleycorn, l’esprit des céréales de la première moisson. John Barleycorn est mort dans le mystère des moissons et l’eucharistie sorcière le consomme par le pain et la bière de la petite fête. Le Roi sacrifié, Llew est pleuré rituellement alors que des feux brûlent sur les collines et sur les lieux élevés des Veilles de Lammas. Les symboles de Lammas sont le pain sacré et la bière en préparation, les « rejets de Lammas » et éclatants du chêne, la gerbe de céréales, l’aigle et la lance du sacrifice. Extrait de "Call of Horned Piper".

J'avais pris l'habitude de préparer pour les fêtes des récoltes un pain qui possède une forme un peu particulière. Ce pain représente John Barleycorn, Jean Grain d'Orge.

Ce personnage est issu d'une chanson folklorique anglaise. C'est une personnification de l'importante récolte d'orge, et des boissons alcoolisées faites à partir de cette céréale. Dans la chanson, John Barleycorn subit des agressions, la mort et des mortifications qui correspondent à diverses étapes de la culture de l'orge, telles que le fauchage et le maltage.

Certains ont interprété l'histoire de John Barleycorn comme une représentation d'une pratique païenne. On a également suggéré que John Barleycorn, ou plus précisément une forme plus ancienne de la chanson, pouvait avoir été récupéré par l'église primitive de l'Angleterre Saxonne afin de faciliter les conversions des païens (polythéistes anglo-saxon indigènes) au Christianisme. John Barleycorn symbolise les cycles de la nature, des esprits et des récoltes de la religion païenne. Il peut également représenter le sacrifice humain. La chanson aurait été christianisée de manière à présenter John Barleycorn comme une figure christique.

Barleycorn, la personnification de l'orge, subit de grandes souffrances avant de succomber à une méchante mort. Cependant, grâce à sa mort, le pain peut être fabriqué. Ainsi, Barleycorn meurt pour que les autres puissent vivre. Finalement, son corps sera mangé comme le pain. On peut comparer cela aux concepts chrétiens du Sacrement et de la Transsubstantiation ; et il n'est pas difficile d'imaginer comment la chanson a pu profiter au Christianisme. Un hymne populaire « We Plough the Fields and Scatter » (Nous Labourons les Champs et Semons) est souvent chanté, sur le même air, lors de la Fête des Récoltes.

Le thème central du conte des versions originales est double : il se concentre non seulement sur la mort et la résurrection de John Barleycorn, mais aussi sur la revanche de Barleycorn sur les marchands qui l'ont maltraité.

John Barleycorn

Il y avait trois rois à l’Est (note de Lune : les versions plus anciennes parlent de l'Ouest)
Trois rois à la fois grands et éminents
Et ils avaient prêté un serment solennel
Jean Grain d’Orge devait mourir.

Ils prirent une charrue et le labourèrent,
Mirent des mottes sur sa tête,
Ils avaient prêté un serment solennel
Et Jean Grain d’Orge était mort.

Mais le joyeux printemps arriva gentiment,
Et les ondées commencèrent à tomber ;
Jean Grain d’Orge se releva,
Et la plaie (dans la terre) les surprit tous.

Les chauds soleils de l’été vinrent
Et il devint épais et fort,
Sa tête s’arma comme de pointes de lances
Pour que personne ne lui cause de tort.

L’automne sobre entra avec douceur,
Et il devint pâle et faible ;
Ses articulations se courbant et sa tête tombante
Montrèrent qu’il commençait à s’affaiblir.

Sa couleur pâlit de plus en plus
Il s’enfonça dans la vieillesse ;
Et alors ses ennemis recommencèrent
A montrer leur rage mortelle.

Ils prirent une arme longue et tranchante,
Et le coupèrent au genou ;
Puis ils l’entravèrent solidement sur un chariot
Comme un gredin coupable d’un délit.

Ils l’allongèrent sur le dos
Et le frappèrent avec des bâtons jusqu’au sang ;
Ils le pendirent avant la tempête ;
Et le tournèrent à maint reprises.

Ils remplirent un trou sombre
Avec de l’eau jusqu’au bord ;
Ils y portèrent Jean Grain d’Orge,
Et l’y laissèrent se noyer ou nager.

Ils le sortirent pour le poser sur le sol,
Pour lui faire subir d’autres tourments,
Et quand des signes de vie apparaissaient
Ils l’agitaient encore de long en large.

Ils passèrent au-dessus d’une flamme brûlante,
La moelle de ses os ;
Mais un meunier fut le pire de tous,
Car il s’écrasa entre deux pierres.

Et ils avaient pris le sang de son cœur,
Et l’avait bu en le faisant circuler
Et plus ils en buvaient,
Plus leur joie grandissait.

Jean Grain d’Orge était un héros audacieux,
De noble hardiesse,
Car si vous pouvez goûter son sang,
Il fera croître votre courage.

Il fera oublier à un homme ses malheurs ;
Il fera grandir toutes ses joies ;
Il fera chanter le cœur d’une veuve,
Même si les larmes étaient dans ses yeux.

Alors portons un toast à Jean Grain d’Orge,
Chaque homme un verre à la main,
Et puisse sa grande prospérité
Ne jamais disparaître dans la vieille Ecosse !

(Version de Robert Burns, extrait de Magie du Nord de Nigel Pennick)

Source : Wikipedia anglais

jeudi, juin 19 2008

Le chaudron du Dieu des Sorcières

Le Dieu des Sorcières par Margaret Murray, éditions Denoël, collection La Tour Saint Jacques, 1957. Je l'ai trouvé il y a quelques années sur le net, en français et en très bon état pour assez peu cher. A l'époque, je l'ai lu par petit bout puis oublié sur une étagère de ma bibliothèque. Malgré les théories farfelues et les invraisemblances de ce bouquin, j'ai repris sa lecture et je compte bien aller jusqu'au bout cette fois-ci ^^ Voici un extrait qui parle du chaudron... L'acte de renverser le chaudron renvoie-t-il aux Nornes qui versaient le contenu de leur chaudron sur les racines de l'Arbre Monde ?

Les cérémonies magiques. La magie tient une place prépondérante dans les procès de sorcellerie. Il ne faut pas oublier à propos des sorciers et de la magie que tout phénomène, jugé contraire aux lois naturelles, produit par des moyens humains, est miraculeux si l'opérateur appartient à une autre religion. Quand on lit les relations chrétiennes des merveilles accomplies par les sorciers, il est utile de toujours garder en mémoire la phrase fameuse de Grimm : "Le miracle est divin, la magie est démoniaque."

Le chaudron est, selon les croyances populaires, l'un des accessoires les plus importants de la sorcière; il joue aussi un rôle de premier plan dans Macbeth; et cependant, il n'apparaît pas très souvent dans les comptes rendus des procès. Il fut assez en vogue en Alsace à la fin du XVIème siècle; et nous savons très exactement à quoi il servait; les ingrédients utilisés ne sont pas nommés; on faisait bouillir la préparation en présence du Diable* et de tous les sorciers, tandis qu'on récitait des prières et des charmes. L'opération terminée, on retournait le chaudron dont le contenu se répandait à terre ; ou bien on partageait le liquide entre les fidèles qui en aspergeait ensuite l'endroit de leur choix. L'effusion du liquide avait pour but la production du brouillard : la vapeur qui se dégageait était le moyen sympathique capable de l'amener. Tout le cérémonial qui entoure la préparation du liquide a évidemment une origine religieuse. Aux temps où les sorcières étaient les prêtresses d'un culte qui était lui-même à son apogée, elles bénissaient les récoltes avec le produit sacré, comme les prêtres le font aujourd'hui avec l'eau bénite. Un phénomène identique s'est produit à propos de maintes cérémonies de sorcellerie : le sens originel s'est perdu; la nouvelle religion a, sans guère les modifier, adopté les anciens rites, tandis que la forme primitive des mêmes rites tombait dans le discrédit et était frappé de l'interdit de l'Eglise. Le chaudron servait également à des fins domestiques : aux sabbats, on y faisait cuire le repas. "Il y avait un grand chaudron sur le feu auquel chacun allait puiser sa nourriture", déclarèrent à Boguet les sorcières françaises. Rien ne saurait mieux indiquer le caractère primitif du culte et de ses fidèles que l'usage d'une marmite commune à toute la société. Remarquons encore, à ce propos, l'importance des chaudrons à la fin du bronze et au début de l'âge de fer.

* Certains pensent que le Diable était en fait, l'homme en noir, le Maître du Coven, l'homme désigné pour diriger les rites.

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