La danse du ventre pendant la grossesse

La danse du ventre

La danse du ventre autrefois réservée aux harems et aux palais orientaux, est désormais pratiquée dans le monde entier. Elle est devenue bien plus qu’un simple divertissement.

De nombreuses figures de cette danse ancestrale conviennent tout à fait aux exercices de préparation à l’accouchement.

Le professeur allemand de danse du ventre Gaby Oeftering, est elle-même mère de 3 enfants. Elle a développé, en collaboration avec des médecins et des thérapeutes, des exercices de danse du ventre adaptés aux futures mamans. Elle donne des cours aux femmes enceintes et forme également des sages-femmes qui souhaitent pimenter quelque peu les exercices d’accouchement traditionnels.

Les exercices de préparation à l’accouchement mettent généralement l’accent sur la relaxation et sur la perception. L’objectif est d’aider ces femmes à retrouver un peu de souplesse. Les femmes doivent être actives pendant l’accouchement. Mais cela demande un travail musculaire très intense. La danse du ventre permet de renforcer les muscles au niveau des cuisses et du bassin et de favoriser la croissance et le développement de l’enfant grâce à une meilleure circulation du sang.

Après un court échauffement avec des exercices de gymnastique, la séance de danse du ventre peut commencer. Voici la position de base : le bassin est basculé vers l’avant. Dans cette position, le fœtus est moins lourd et moins douloureux à porter. La colonne vertébrale est étirée et les muscles du dos sont plus toniques. Sandra Bosselmann en est à sa deuxième heure de danse du ventre. Elle vient d’entrer dans sa 29ème semaine de grossesse et est déjà maman d’une fillette de 6 ans: « Pour l’accouchement de mon premier enfant, j’étais vraiment apathique. Je n’étais pas très en forme et je n’ai pas beaucoup participé. La danse du ventre me permet de soulager mes douleurs de dos. Certains jours, c’est plus difficile, mais il suffit parfois de faire quelques mouvements pour se sentir tout de suite plus léger. »

Peu importe que ce soit des sages-femmes ou des danseuses du ventre qui enseignent les mouvements aux femmes enceintes. L’essentiel, c’est que ces personnes aient reçu une bonne formation. Car toutes les figures de danse ne sont pas recommandées lorsqu’on attend un enfant. Certains mouvements sont parfaitement adaptés à la grossesse. Ils soulagent le mal de dos ou permettent d’apaiser l’enfant. Mais il existe aussi des exercices spéciaux pour l’accouchement. Il ne faut surtout pas mélanger les deux.

Les exercices de danse orientale suscitent un intérêt grandissant. En Allemagne, en Italie, en Autriche ainsi qu’en Suisse, de plus en plus de femmes dansent pendant leur grossesse. Cette pratique est, en revanche, beaucoup moins répandue en France, en Hollande ou encore en Suède. Pour de nombreuses femmes enceintes, la danse du ventre reste une idée un peu saugrenue. Cependant les gynécologues en confirment les effets positifs.

Ces mouvements donnent aux futures mamans une image positive de leur corps. Certaines femmes sont tellement enchantées par ces figures orientales qu’elles n’ont qu’une envie après l’accouchement: reprendre les cours de danse. Selon un vieux proverbe arabe, ne dit-on pas : « Une femme qui n’a pas de ventre, c’est comme un ciel sans étoiles » ?

……………………………………………………………………. HIPPOCRATE – Magazine de santé Mardi 18 novembre 2005 à 14h45 Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF -ARTE G.E.I.E.

Qu’est-ce que la Danse Orientale ?

Artiste : Shahrzad Raqs

Article par Suzanne de SOYE.

Le terme de danse orientale semble bien vague en effet. Traduction littérale de l’arabe raqs al-sharqui, il désigne cependant quelque chose de bien précis : la danse répandue dans l’est du Bassin Méditerranéen qui se caractérise par la rotation et les mouvements onduleux du bassin et des hanches, du buste et des bras, et par de vigoureux hanchements.

Parler, en dehors des milieux ou elle est pratiquée, de danse orientale, de « danse du ventre », amène souvent un silence choqué de l’interlocuteur – à moins que quelque plaisanterie gauloise ne jaillisse – l’une et l’autre attitudes étant bien significatives de la tournure d’esprit de la plupart des gens et de leur ignorance. Il faut dire à leur décharge que les spectacles offerts aux touristes amateurs d’exotisme dans certains restaurants, cabarets et night-clubs aussi bien d’Europe que du Proche-Orient, sont encore trop souvent provocants et vulgaires, sans réelle valeur artistique. Sensuelle mais non érotique, la danse orientale peut être pudique, élégante, racée, voire même prendre des aspects hiératiques et nobles.

La danse orientale n’a pas de date de naissance précise, comme en a, par exemple, la danse classique française. Est-elle née chez les Phéniciens ? (la Phénicie occupait l’emplacement approximatif du Liban actuel). Les Tsiganes l’ont-ils apportée du nord de l’Inde ? A-t-elle été introduite en Égypte par les Turcs ? thèse la plus communément admise, l’Égypte, conquise en 1415 par les Turcs, ayant fait partie de l’empire ottoman pendant plus de 400 ans ; ou bien les Turcs l’ont-ils au contraire apprise des Égyptiens ? Les opinions s’opposent, toutes étayées.

Il semble que ce style de danse soit la survivance d’une forme de danse liée aux rites de fertilité, au culte de la Déesse-Mère des sociétés matriarcales. Ils reproduisaient symboliquement les mouvements de la conception et de l’enfantement et glorifiaient la maternité en représentant la conception mystérieuse de la vie, la souffrance et la joie avec lesquelles une nouvelle âme est mise au monde et célébrait le renouveau de la nature au printemps.

On a retrouvé des traces de cette forme de danse dans le monde entier :

  • mouvements de hanches et de ventre très nets sur des peintures rupestres d’Afrique et du Levant espagnol ; sur des sculptures de l’Inde et de la Grèce Antiques ; en Égypte Ancienne dans le culte de Baktet et de la déesse Hathor ; sur la voie Appia à Rome ;
  • description de femmes dansant des nuits entières, entre elles, dans les collines de l’Ancienne Anatolie ;
  • danses sauvages des femmes de Sparte dans les temples d’Artémis, déesse de la lune et de la fécondité ; à Chypre, danses érotiques et extatiques des prêtresses d’Aphrodite ; dans la Bible : danse de la Sulamite dans le Cantique des Cantiques ; danse de Salomé dans les Évangiles ;
  • Romains se délectant à voir les danseuses syriennes qu’ils avaient fait venir vers 60 avant J-C. poème de Virgile – remarquable mais peu connu – la Copa (ou Fille d’auberge), dont l’héroïne est une danseuse syrienne.
  • description par Pline le Jeune, Martial et Juvenal, des danseuses de Cadix, (alors colonie phénicienne), qui dansaient nues et qui, selon Juvenal, plaisaient davantage encore aux femmes qu’aux hommes. chroniques d’Adam de Brême, au XIeme siècle, dans lesquelles il se plaint des danses lascives des femmes du nord de l’Europe ;
  • danses traditionnelles du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, telles la danse bédouine parmi d’autres, la guédra, danse en grande partie assise, toujours pratiquée dans le sud du Maroc et le nord de la Mauritanie ;
  • danses des femmes Maori, en Nouvelle-Zélande, qu’on pouvait encore voir en 1950 ; oupa-oupa tahitien, tamouré ;
  • danse hula-hula des iles Hawai, toujours pratiquée, danses antillaises ;
  • danse pelvienne des Bafioti de Loango et d’autres ethnies en Afrique Occidentale ;
  • danse similaire en Nouvelle-Guinée ; dans les îles Salomon ;
  • femmes banjara de Delhi, au ventre tatoué, toujours célèbres pour leurs danses et qui sont des tziganes ; alors que les Indiennes portent généralement le sari de danse, les banjara portent jupe basse et boléro ;
  • nomades tziganes du Rajasthan, dansant dans les villages avant de faire la quête.

Si donc cette forme de danse était jadis répandue dans le monde entier, pourquoi la qualifier d’orientale ? Parce que c’est dans les pays acquis à l’Islam, à l’Est du Bassin Méditerranéen, qu’elle s’est le mieux conservée et qu’elle a atteint le plus grand raffinement. Elle y est restée vivante. Les femmes dansent entre elles sans avoir jamais pris de leçons. On danse à toutes les occasions, à toutes les fêtes : aux mariages, bien sûr, lors des naissances, pour aider le travail de la mère par le rythme que la danse donne à la respiration et aux battements du cœur ; ou tout simplement pour le plaisir, pour passer le temps. Dans les régions où les mariages sont encore arrangés par les familles, il peut arriver que des jeunes filles dansent pour se faire remarquer d’éventuelles belles-mères. Les jeunes gens dansent aussi, non seulement dans leurs vêtements d’hommes, mais aussi habillés en femmes, en se rembourrant les hanches pour parodier les danses féminines. En Occident, quelques garçons prennent des cours, sans pour autant être efféminés ; plusieurs sont même devenus danseurs professionnels et professeurs.

Premier billet

Voici un espace que je dédie au cycle féminin. J’y posterai des articles (que j’aurai traduits ou extraits de ma bibliothèque). Peut-être des peintures, des poèmes, des réflexions perso… Evidemment, vous retrouverez la plupart de ces textes sur les Portes du Sidh. Si j’ai choisi ce thème et en particulier celui des menstruations, c’est parce que j’y vois une grande source inspirante, de pouvoir créatif. J’y vois également la nécessité pour les femmes de se réconcilier avec leur cycle. Un moyen de découvrir profondément qui elles sont et ce dont elles sont capables. Pour cela, elles devront surmonter les tabous et se déconditionner pour découvrir la vraie valeur de ce magnifique cadeau.