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Sortilège d’amour : les deux aiguilles

Sortilège d’amour : les deux aiguilles

Par Stewart Farrar, traduction Lune

« Extrait de What witches do »

Ndlt : Ceci est un vieux sortilège traditionnel.

Prenez deux aiguilles, assez grandes pour être facilement manipulées, qui représenteront l’homme et la femme. La pointe de l’aiguille « mâle » sera insérée dans le chas de l’aiguille « femelle », puis les deux aiguilles seront liées ensemble avec du fil de la couleur planétaire appropriée à la situation. Le symbolisme ne peut être plus clair, mais le rituel peut (et devra en effet) être élaboré pour donner l’occasion de prendre corps dans l’esprit des opérateurs – afin donner à quelque chose le pouvoir d’y travailler, et ainsi d’y répondre. Par exemple, chacune des aiguilles devront être baptisées et bénies. L’aiguille « femelle » peut être tenue par une femme et l’aiguille « mâle » par un homme. Le couple devra éprouvé une sympathie émotionnelle l’un envers l’autre, et si ils sont amants c’est bien mieux encore. Les mots sont nécessaires bien sûr ; ils peuvent être traditionnels, ou composées pour l’occasion, mais dans tous les cas ils devront rimés.

«  Pour lancer des sorts, les mots exacts importent peu si l’intention est claire et que vous soulevez le vrai pouvoir, en quantité suffisante. » Dit le Livre des Ombres. «  Ils doivent toujours rimer ; Vous ne devez pas faire une pause et vous demander : « Qu’est-ce que je dois dire ensuite ? » Faire cela fait perdre beaucoup de votre intention. »

C’est un conseil raisonnable, ainsi composons quelques rimes pour nos deux aiguilles.

« John be sharp,

Mary bright ;

Thread of Venus bind them tight.

Sun by day,

Moon by night,

Bring them hourly new delight ;

Love and laughter,

Joy and light –

Thread of Venus bind them tight. »

Ça n’a rien d’exceptionnel, mais ça sonne juste. Cela m’a pris 3 minutes 30 pour composer ces rimes qui serviront le but recherché. Tout coven doit au moins avoir qui peut faire aussi bien, sinon bien mieux. Et il devra être désigné « Rimeur du Coven ».

Sortilège gardnerien de chance & de guérison

C’est un texte qu’Artus avait déjà traduit. Mais comme je suis en train de reprendre le BoS en entier, j’en ai corrigé les fautes et les erreurs de traduction.

(Les pieds, les genoux et les poignets seront étroitement attachés afin de retarder le sang.)

$ ( $ -> désigne le fouet) 40 fois ou plus, pour faire picoter la peau, puis dire, en invoquant la Déesse :

« Salut, Aradia ! Renverse la corne amalthéenne,
Déverse les trésors de l’amour ! Je fléchis
Humblement le genou en ta présence : je t’invoque
en dernier recours,
Lorsque déchus et méprisés les autres dieux.
Ton pied contre mes lèvres : mes songes stériles
Vers toi s’élèvent, émeuvent ton cœur, autour de lui s’enroulent ;
D’eux émanent un pitoyable amour. Pitié plus belle encore,
descends ici voir,
Et octroie quelque chance au solitaire et désespéré que je suis. »

Demandez à la Déesse de vous aider à obtenir ce que vous désirez, puis $ à nouveau pour lier le sort. Cette méthode peut être puissante contre la malchance et la maladie. Ceci doit être récité dans un cercle, et vous devez être correctement préparé (ndt: attaché) et bien purifié (ndt: fouetté), à la fois avant et après l’invocation, pour lier le sort. Avant de commencer, vous devez visualiser une image claire de ce que vous voulez. Visualisez-vous ayant obtenu la chose souhaitée. Soyez sûr, dans votre propre esprit, de ce dont il s’agit exactement et de comment cela peut être atteint. Ce sort m’a été enseigné il y a longtemps et j’ai trouvé qu’il fonctionnait, mais je ne pense pas qu’il y ait de vertus spéciales dans ces paroles. N’importe quelles autres peuvent les remplacer, à condition qu’elles demandent l’aide de la Déesse (ou du Dieu), qu’elles énoncent clairement ce que vous désirez et que vous formiez une image mentale claire ; et si cela ne fonctionne pas du premier coup, essayez jusqu’à ce que ça marche. Votre assistante, qui tient le $, doit savoir quel est votre souhait, et doit également former l’image mentale. Et de toute manière, il conviendrait mieux que cela soit vous qui commenciez le travail de ce sortilège, et ensuite que la fille prenne votre place et y travaille également ; vous $ la fille. N’essayez rien de difficile au début, et faites-le au moins une fois par semaine jusqu’à ce que cela marche. Vous devez être bienveillants l’un envers l’autre, avant que quoi que ce soit ne se passe, et un travail régulier facilite cela. Pour lancer des sorts, les mots exacts importent peu si l’intention est claire et que vous soulevez le vrai pouvoir, en quantité suffisante. Ils doivent toujours rimer. Il y a quelque chose de particulier avec les rimes. J’ai essayé, les mêmes mots semblent perdre de leur pouvoir si l’on rate une rime. Alors que rimés, les mots semblent se prononcer d’eux-mêmes. Vous ne devez pas faire de pause et vous demander : « Qu’est-ce que je dois dire ensuite ? » Faire cela fait perdre beaucoup de votre intention.

Notes de Lune au sujet de l’invocation :

  • Une fois l’invocation traduite, les rimes ont disparu. A soi de reprendre le texte et de le faire rimer, ou d’utiliser le texte en anglais ou bien encore d’en écrire un autre, comme le suggère Gerald Gardner dans son explication.
  • L’invocation est en fait un extrait du poème « La Fortune », d’Aleister Crowley (in Rodin in Rime). Le poème d’origine s’adresse à Tyché, la Déesse de la Fortune. Excellente traduction française par Phillipe Pissier ?
  • Cette invocation fait aussi partie de la Descente de la Lune. C’est le Grand Prêtre qui la récite.

Sortilège de guérison : l’aiguille et la bougie

Janet Farrar accomplit le sortilège de l'aiguille et de la bougie

Sortilège de guérison : l’aiguille et la bougie

Par Stewart Farrar, traduction & adaptation Lune

Consacrer une bougie et une aiguille, puis nommer l’aiguille pour représenter le patient. Ficher l’aiguille dans la bougie, sur le côté, et allumer cette dernière. Le pouvoir se construit au fur et à mesure que la bougie se consume et ce jusqu’à l’aiguille, une fois l’aiguille atteinte le pouvoir est libéré pour déclencher le travail de guérison.

Extrait de What Witches Do

Sortilège de guérison (Tradition Faery)

Confectionne de tes mains un petit balai de bruyère. Lève-toi au lever du soleil. Ne mange rien, ne dis pas un mot, mais va droit à la cheminée puis balaie toutes les cendres et braises de façon à ce que le foyer soit propre. Penche-toi au dessus du foyer fraichement nettoyé puis crache dessus. Mets l’index de ta main droite dans la salive puis trace une croix sur la zone affectée de ta peau. Que ton toucher soit léger mais ferme. Renouvelle ce sortilège, de la même manière, neuf matins de suite et tes problèmes de peau disparaitront.

Les Femmes Cornues

Voici un très ancien conte irlandais qui a sans aucun doute subi de nombreuses modifications et qui connait, paraît-il, de nombreuses versions. Les cornes sur le front des sorcières-fées, l’eau du puits, les treize femmes autour du feu renvoient directement à la lune. L’art du tissage et des sortilèges sont intrinsèquement liés. On note également l’usage du sang dans le gâteau qui est une pratique sorcière. Le tamis est également rattaché à la sorcellerie. Le tamis sert de moyen de transport aux sorcières, on peut retrouver l’idée dans de nombreux procès de sorcières. J’ai traduit la version du conte de Lady Jane Francesca Wilde, poétesse irlandaise du XIXème siècle, partisane du mouvement nationaliste et accessoirement mère d’Oscar Wilde.

Les Femmes Cornues

Par Lady Jane Francesca Wilde, traduction & adaptation Lune

(Un conte populaire celte)

Alors que toute la famille et les serviteurs étaient endormis, une riche femme s’assit tard dans la nuit pour carder et préparer la laine. Soudain, des coups à la porte retentirent et une voix s’écria : « Ouvrez ! Ouvrez ! »

« Qui est là ? » demanda la femme de la maison.

« Je suis la Sorcière à une Corne, » répondit la voix.

La maîtresse de maison, supposant que l’un de ses voisins l’appelait et demandait de l’aide, ouvrit la porte et une femme entra, elle avait dans ses mains un paire de cardeuses à laine, et portait une corne sur son front, comme si celle-ci avait poussé là. Elle s’assit près du feu en silence et commença à carder brutalement la laine en toute hâte. Soudain elle s’arrêta et dit à haute voix : « Où sont les femmes ? Elles sont bien trop en retard. »

Puis des coups retentirent une seconde fois à la porte, et une voix s’écria comme auparavant, « Ouvrez ! Ouvrez ! »

La maîtresse se sentit forcer de se lever et d’ouvrir à cet appel, et immédiatement une seconde sorcière entra, elle avait deux cornes sur son front, et dans ses mains une roue pour filer la laine.

« Faites-moi de la place », dit-elle, « Je suis la Sorcière à deux Cornes, » et elle commença à filer la laine aussi vite que l’éclair.

Et d’autres coups à la porte retentirent, un appel se fit entendre, et les sorcières entrèrent, douze femmes en tout s’assirent autour du feu – la première avait une corne, la dernière en avait douze.

Et elles cardaient le fil, et faisaient tournaient leurs roues à filer et enroulaient et tissaient.

Elles chantaient toutes ensemble une ancienne comptine, mais ne disaient pas un mot à la maîtresse de maison. Ces douze femmes étaient étranges à entendre, effroyables à regarder, avec leurs cornes et leurs roues ; et la maîtresse de maison se sentit proche de la mort, et elle tenta de se lever pour appeler à l’aide, mais elle ne pouvait bouger, ni prononcer un mot ou un cri, car le sortilège des sorcières était sur elle. Alors, l’une d’entre elles l’appela en Irlandais et dit :

« Lève-toi, femme, et fais nous un gâteau. » Alors la maitresse chercha un récipient pour rapporter l’eau du puits afin de délayer la farine et faire le gâteau, mais elle n’en trouva aucun.

Et elles lui dirent, « Prends un tamis et avec ce tamis rapporte l’eau. »

Et elle prit le tamis et se rendit au puits ; mais l’eau s’en écoulait et elle ne pouvait pas en rapporter pour le gâteau, et elle s’assit près du puits et pleura.

Alors une voix vint à elle et dit : « Prends l’argile jaune et la mousse, unis-les, et tapisses-en le tamis ainsi l’eau y restera. »

C’est ce qu’elle fit et le tamis contint l’eau pour le gâteau et la voix dit à nouveau -

« Retournes-y, et lorsque tu arriveras à l’angle nord de la maison, crie trois fois et dis, ‘La montagne des femmes Fenian 1 et le ciel qui la surplombe est entièrement en feu’. »

Et c’est ce qu’elle fit.

Lorsque les sorcières à l’intérieur entendirent l’appel, un grand et terrible cri fendit leurs lèvres et elles se précipitèrent à l’extérieur avec des lamentations et des hurlements sauvages, et s’enfuirent à Slievenamon, là où se trouvait leur principale demeure. Alors l’Esprit du Puits invita la maitresse de maison à entrer et à préparer sa maison contre les enchantements des sorcières au cas où elles reviendraient.

Et en premier lieu, pour briser leurs sortilèges, elle aspergea le seuil extérieur de la porte à l’aide d’eau avec laquelle elle avait lavé les pieds de son enfant (l’eau des pieds) ; en second lieu, elle prit le gâteau que les sorcières avaient fabriqué en son absence en délayant la farine avec le sang de sa famille endormie, elle brisa le gâteau en morceaux, et plaça un morceau dans la bouche de chaque dormeur, et ils furent régénérer ; et elle s’empara du tissu qu’elles avaient tissé et placé à moitié dans le coffre, à moitié en dehors du coffre à l’aide du cadenas ; et enfin, elle barra l’entrée avec une grande poutre fixée aux montants de la porte, ainsi elles ne pourraient pas entrer, et une fois qu’elle eut fait toutes ces choses, elle attendit.

Peu de temps après, les sorcières revinrent, et elles tempêtèrent et réclamèrent vengeance.

« Ouvre ! Ouvre ! » S’écriaient-elles, « Ouvre, Eau-des-Pieds ! »

« Je ne peux pas, » dit l’eau-des-pieds, « Je suis éparpillée sur le sol, et il me faut descendre jusqu’au Lac. »

« Ouvrez, ouvrez, bois et arbres et poutre ! » s’écrièrent-elles devant la porte.

« Je ne peux pas, » dit la porte, « car la poutre est scellée aux montants et il m’est impossible de bouger. »

« Ouvre, ouvre, gâteau que nous avons fait et mêlé de sang ! » s’écrièrent-elles à nouveau.

« Je ne peux pas, » dit le gâteau, « car je suis brisé et meurtri, et mon sang est sur les lèvres des enfants endormis. »

Alors les sorcières se précipitèrent dans les airs avec de grands cris et fuirent jusqu’à Slievenamon 2, en proférant d’étranges malédictions à l’encontre de l’Esprit du Puits, qui avait souhaité leur ruine ; mais la femme et la maison furent laisser en paix. La maîtresse de maison garda le manteau d’une sorcière, que cette dernière avait laissé tomber en plein vol, en symbole de la lutte de cette horrible nuit ; et cinq cents ans plus tard, ce manteau était toujours en possession de la même famille, transmis, de génération en génération.


  1. Fenian : ce terme provient de l’irlandais Na Fianna ou Na Fianna Éireann, qui, dans ma mythologie celte était un groupe de guerriers professionnels conduits par Finn Mac Cumaill aux environs du IIIe siècle ap. J.-C. Ce terme désigne également depuis la fin du XIXe siècle les nationalistes irlandais qui luttent avec violence contre la présence britannique.
  2. Slievenamon : en Irlandais, Sliabh na mBan, est une montagne du conté de Tipperary, dans la province de Munster en Irlande. La montagne est liée à de nombreuses légendes irlandaises. On dit qu’elle tient son nom d’une ancienne femme-fée ou Feimhin, qui avait séduit un guerrier du nom de Fionn mac Cumhaill et ses hommes. Une autre légende raconte comment Fionn décida de choisir sa fiancée parmi un groupe de femmes. Celles-ci devaient faire la course jusqu’au sommet pour le rejoindre. Il était assis tout en haut de Slievenamon. La première à atteindre le sommet fut Gráinne, qui devint une figure célèbre du folklore irlandais du fait de ses exploits avec le héros Diarmuid.