Lunes Rouges

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vendredi, août 22 2008

Hedgewitch, Hedge-Witchcraft, Hedgewitchery, Hedgecraft...

Des modes se créent, passent, reviennent... même au sein de la communauté sorcière francophone. De nouveaux termes, de (pseudo-)nouvelles "traditions", apparaissent et tentent de définir un ensemble de pratiques plus ou moins précises et particulières. Je pense par exemple à l'hedgewitch et à la kitchen witch. Je les trouve un peu barbare ces termes. La Sorcière de la Haie... ça laisse dubitatif et au mieux on s'écrit à la mode percevalienne : "c'est pas fauuuux !". Pas mieux pour la Kitchen Witch, mon cerveau ne peut s'empêcher de transformer ce mot composé en un autre, à peine moins classe, sorcière-bobonne.

En vérité, pourquoi tout ces mots à tiroir ? Sont-ils nés d'un besoin de se différencier des sorciers-magiciens cérémoniels tendance branlouille cérébrale. Possible. Ou bien du besoin (adolescent attardé) d'appartenir à une sorte de groupe, la nécessité de s'inclure dans une petite 'boîte' sociale, histoire de se rassurer, de s'individualiser mais pas trop ? Probablement !

Quand on y regarde de plus près, un seul terme suffit à définir les pratiques magiques, de transe, de guérison de ces sorcières des haies et des fourneaux : sorcière.

Il est assez théâtral pour marquer l'esprit et brosser l'ego dans le sens du poil, un brin rebelle pour satisfaire l'adolescent en soi, pis surtout moins chiant à prononcer et à écrire.

'Fin tout ça pour introduire ma dernière traduction sur le sujet. Elle me tient à cœur. Une fois n'est pas coutume, j'ai bien aimé lire ce texte sur wikipedia. Il est loin d'être aussi pédant que celui de J. Faulk : The Hedgewitch, les mensonges et la vérité... Même si l'auteur s'imagine avoir la science infuse, lisez cet article également, ça vous changera des versions bisounours de l'hedge-witchcraft qui pullulent sur la toile !

Hedgewitch, Hedge-Witchcraft, Hedgewitchery, Hedgecraft...
Extrait de Wikipédia, Traduction Lune


Red Hedgewitch par Cherrie Button ©

Un Hedgewitch est quelqu'un qui pratique l'Hedgewitchery ou Hedgecraft. L'Hedgecraft est une voie spirituelle et considérée comme une forme de la sorcellerie européenne. Elle est pratiquée le plus communément par les néo-païens modernes et certaines personnes la considèrent comme une tradition dérivée de la Wicca, religion néo-païenne. L'Hedgecraft s'inspire assez librement des vieilles et vieux sages, des rebouteux, des herboristes, des guérisseurs et sorcières à travers l'histoire. Certains adeptes ont déclaré qu'il s'agit de la religion des traditionnels sorciers des campagnes de l'Angleterre. Les pratiques les plus anciennes et les plus traditionnelles de l'hedgewitchery ou hedge riding sont chamaniques par nature et souvent (mais pas toujours) incluent l'usage magique et médicinale des plantes enthéogènes sous forme d'onguents de vol et de baumes pour atteindre un état de transe extatique traditionnellement connue comme « oot 'n aboot » (ndlt : « out and about » est une expression qui signifie : sortir, être en vadrouille, ici et là).

Les Hedgewitches pratiquent souvent la phytothérapie, la magie, le wildcrafting (ndlt : récolter les herbes dans leur habitat naturel, sauvage, pour se nourrir, se soigner, ou dans d'autres buts... Il s'agit de récolter des plantes non-cultivées) et de nombreuses formes de guérison. Les Hedgewitches sont généralement détachés des travaux magiques excessivement formels, préférant la magie populaire beaucoup plus simple. Il s'agit d'une tradition éclectique, mais tout dépend du praticien.

La pratique de la plupart des Hedgewitches se déroule généralement à la maison, en solitaire et en privé. Les Hedgewitches peuvent, cependant, encore être actifs au sein de leur communauté païenne locale.

En termes physiques, la haie (hedge en anglais) séparait la ville de la nature sauvage. On considérait que le fait de franchir la haie était dangereux, parce que la forêt était perçue comme un lieu d'évènements étranges, incluant la sorcellerie. Pour l'hedgewitch et les sorcières de la même façon, la haie n'était pas envisagée comme étant une frontière physique, mais comme une barrière mentale à dépasser au cours du travail de transe. Il s'agit de la ligne dessinée entre ce monde et le suivant ; entre la réalité et le rêve. La pratique chamanique est commune et considérée comme une caractéristique d'un Hedgewitch. De ce point de vue, si la haie est la frontière entre un village et la nature sauvage, l'Hedgewitch franchit la frontière et garde un pied dans chaque monde. Les Hedgewitches emploient souvent les termes « Walking the Hedge » (ndlt : marcher / se promener sur la haie), « Crossing the hedge » (ndlt : franchir la haie) ou « Riding the hedge » (ndlt : chevaucher la haie... comme une sorcière son balai) pour parler de l'acte du Voyage Chamanique, du Voyage Astral, de l'Envol/Vol/Voyage de l'Âme (etc.).

Toutes considérations académiques mises à part, le sens strict du terme, et sa connotation médiévale, de frontières et seuil magiques entre les mondes, fut tout d'abord encouragée par Nigel Jackson, à travers son livre Call of the Horned Piper écrit en 1994. Il a dès lors exercé une lourde influence dans le milieu de la sorcellerie contemporaine, amenant une résonance plus archaïque au terme « hedge-witch » et un sens à la pratique magique.

La spiritualité des Hedgewitches varie et dépend de chaque individu ; habituellement ils se tournent vers leur propre héritage et ascendance. Les Hegdewitches pratiquent une certaine forme de néo-paganisme. La pratique spirituelle quotidienne d'un Hedgewitch sera adaptée à ses talents, intérêts et style de vie personnels.

Etymologie

Le terme Hedgewitch est source à controverse en raison de sa nature idiosyncrasique. En examinant le mot "hedgewitch," nous pouvons apprendre qu'il provient du mot Saxon witch (ndlt : sorcière), haegtessa, qui se traduit par "hedge-rider" (celui qui chevauche la haie, qui s'assoit sur la haie). La ballade Vieille-Norroise Havamal évoque « des chevaucheurs de haie, ensorceleurs dans les airs. » Myrk-rider, Wyrd-rider, et Gandreidh (chevaucheur de baguette) sont d'autres noms pour parler des hedge-riders. Le mot "hedgewitch" est, d'aussi loin que nous pouvons le dire, un terme plutôt moderne. Bien que l'on ne connaitra jamais sa véritable origine, ce terme semblerait venir de Grande-Bretagne et son usage ne serait vieux que de 50 ans.

« L'Hedgewitch » de Rae Beth.

En 1992, l'auteure païenne moderne Rae Beth sort un livre intitulé Hedge Witch: A Guide to Solitary Witchcraft. Il s'agit d'une tentative de redéfinition du terme dans le contexte moderne. Rae Beth propose ceci : « Le travail de l'hedge witch consiste à reprendre la compréhension des mystères du monde sauvage et de la mettre au service de la vie, par l'intermédiaire de sortilèges qui peuvent aider et guérir la terre, l'autre peuple ou créatures, ou notre propre Soi. ». Elle dit aussi que l'Hedgewitch est un solitaire. Cette idée de praticien solitaire et individualiste que l'on retrouve dans la définition du terme par Rae Beth laisse à penser que cette auteure s'est inspirée d'une ancienne expression : « hedge-preacher ». « L'hedge-preacher » désigne un prédicateur itinérant sans domicile fixe. Toutefois, la définition et la pratique de l'Hedgecraft, telles que décrites par Rae Beth, sont sujettes à controverses car elles sont, évidemment, fortement basées sur la Wicca.

Référence :
- Beth, Rae. Hedge Witch: A Guide to Solitary Witchcraft, Robert Hale, 1992.

Sources :
- Beth, Rae. Hedge Witch: A Guide to Solitary Witchcraft, Robert Hale, 1992.
- Duerr, Hans Peter. Dreamtime: Concerning the Boundary between Wilderness and Civilization, pp. 46, 47, 65, 97, 132. Translated by Felicitas Goodman. Blackwell, 1985.
- Jackson, Nigel A. Call of the Horned Piper, pp. 4-5, 13, 14-15, 19-21. Capall Bann, 1994.

vendredi, juillet 4 2008

L'Ôde à la Lune * The Call of the Crescent

Toujours en triant mes affaires, j'ai retrouvé un poème. J'ai deux versions : l'une originale, écrite par une dianique américaine nommée DNK et l'autre traduite en français. Sa traductrice, Moonbeam, animait une communauté msn dédiée au culte exclusif de la déesse (aujourd'hui fermée). Cela s'appelait "Les Filles de la Déesse". C'était il y a 6 ou 7 ans... Rhaaa, le temps passe vite !

Je poste les deux versions et je rajoute, en toute fin, ma traduction.

THE CALL OF THE CRESCENT

Dark Shadow Queen, Mistress of all Mysteries,
Come to me, your daughter and your heir.
Lead me down the path of your experience.
Guide me to the gateway between the worlds,
and welcome me as I step beyond the threshold.

Great Lady of the Cauldron, aid me in my transformation.
Accept this offering of my body and my soul to your service.
Bless me with the gift of your true and holy vision
That I may see beyond the Veil and
open my mind to your wisdom.

Forest Mother, moonlight Gypsy,
Join me as I dance with abandon.
In ecstasy and madness I have no fear
as the animals walk beside me.
The peace of green earth knows no boundaries.
Lay your crescent upon my forehead
and claim me as one of your own.

copyright 1999 DNK

ÔDE A LA LUNE

Reine de l'ombre obscure, Maîtresse de tous les Mystères,
Viens à moi, ta soeur et ton héritière.
Conduis-moi sur le chemin de la connaissance.
Guide-moi jusqu'aux portes d'entre les mondes,
et accueille-moi lorsque mon pied en foulera le seuil.

Toute-puissante Dame du Chaudron, porte-moi aide dans ma transformation.
Accepte pour te servir mon corps et mon âme.
En retour bénis-moi de ta sainte apparition
Que je puisse voir au-delà du voile
et ouvrir mon esprit à ta sagesse.

Mère de la forêt, lumière lunaire vagabonde,
Rejoins-moi alors que je danse dans l'abandon.
Dans l'extase et la folie je n'ai nulle crainte
et le monde animal suit mes pas.
La paix de la nature ne connait pas de limites.
Pose sur mon front le croissant de Lune.
et proclame-moi l'une des tiennes.

Traduction Libre par Moonbeam.
(Notamment : dans la version le rapport à la déesse était un peu trop transcendant.)

L'APPEL DE LA LUNE

(ndlt : c'est moyen comme titre, mais toujours mieux que l'appel du croissant loool !)

Reine de l'Ombre, Maîtresse de tous les Mystères,
Viens à moi, ta fille et ton héritière.
Conduis-moi sur la Voie de ton expérience.
Guide-moi jusqu'au Portail entre les Mondes,
et accueille-moi alors que je franchis le seuil.

Grande Dame du Chaudron, aide-moi dans ma transformation.
Accepte cette offrande, mon corps et mon âme, pour te servir.
Bénis-moi du cadeau de ta véritable et sainte apparition
Afin que je puisse voir au-delà du Voile et
Ouvrir mon esprit à ta Sagesse.

Mère de la Forêt, Bohémienne Lumière Lunaire,
Rejoins-moi alors que je danse avec abandon.
Dans l'extase et la folie je n'ai nulle peur
alors que les animaux marchent à mes côtés.
La paix de la Verte Terre ne connait aucune frontière.
Pose ton Croissant de Lune sur mon front
et proclame-moi comme l'une des Tiennes.

Traduction par Lune.

mercredi, juillet 2 2008

L'amour tombe des nues

Les Têtes Raides ne font pas vraiment partie des groupes que j'écoute. Je poste ici une de leurs chansons qui est en fait un poème de Robert Desnos. Je ne suis pas une spécialiste du travail de ce poète surréaliste, mais il me semble qu'il s'agissait d'un texte destiné à être chanté. Voilà qui est fait !


L' Amour tombe des nues
Par Robert Desnos

Un samedi du moyen âge
Une sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Tomba par terre
Du haut des nuages
Ho ho ho madame la sorcière
Vous voilà tombée par terre
Ho ho ho sur votre derrière
Et les quatre fers en l'air
Vous tombez des nues
Toute nue Par où êtes vous venue
Sur le trottoir de l'avenue

Vous tombez des nues
Sorcière saugrenue
Vous tombez des nues

Vous tombez des nues
Sur la partie la plus charnue
De votre individu
Vous tombez des nues
On voulait la livrer aux flammes
Cette sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balais
Pour l'ascension
Quel beau programme
Ho ho ho voilà qu'la sorcière
A fait un grand rond par terre
Ho ho ho quel coup de tonnerre
Il tomba d'l'eau à flots
Et l'eau tombe des nues
Toute nue
Eteint les flammes tenues
Et rafraîchi la détenue
L'eau tombe des nues
Averse bienvenue
L'eau tombe des nues
L'eau tombe des nues
Et la sorcière se lave nue
Oui mais dans l'avenue
L'eau tombe des nues

Qu'elle était belle la sorcière
Les présidents du châtelet
Les gendarmes et leurs valets
La regardaient
Dans la lumière
... et un éclair qui brille
Et c'est vos yeux qui scintillent
... et votre cœur pétille
Nous sommes sourds d'amour
Et nous tombons des nues
Elle est nue
Oui mais notre âme est chenue
Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues
Sorcière saugrenue
Nous tombons des nues
Nous tombons des nues
Qu'on relaxe la prévenue
Elle nous exténue
Nous tombons des nues
Et je...
Mais tombe des nues
Tu tombes des nues
Le monde entier tombe des nues
L'amour tombe des nues
Et vive les femmes nues!

Merci à mon ours, qui me l'avait envoyé après notre premier rendez-vous ^^

mercredi, juin 25 2008

L’Esprit Familier

L’Esprit Familier
Par Nigel Jackson ©, traduction & adaptation Lune

Chapitre '8' de « Call of the Horned Piper »

La figure du Vieux Cornu, le dieu des sorcières, s’étend depuis l’antiquité Européenne, terne et sombre, de la chasse et de l’élevage de troupeaux, là où il règne sur les bêtes sauvages et le bétail domestiqué tel le Maître chamanique des Animaux, depuis son profond trône dans les forêts d’Annwyn. Il est le chef suprême des royaumes les plus sauvages que ses habitants honorent comme leur véritable maître, lui et ses serviteurs : le Gruagach des Highland en Ecosse, le Boggart du Lancashire, le Brownie d’Angleterre, à qui on faisait régulièrement des offrandes en échange de leur aide pour accroître la fertilité et les richesses naturelles.

Le Maître Cornu gouverne les pouvoirs générateurs du royaume des bêtes, les forces primales de vie, de mort et de renaissance qui nourrissent le monde naturel, et était donc une divinité très importante de la même façon pour l’éleveur, le berger et le chasseur, depuis les tout débuts de la période indo-européenne et antérieure.

Dans le conte gallois de « Owein ou la Comtesse de la fontaine » du Mabinogion, Kynon rencontre une créature, assise sur un petit monticule dans la clairière d’une forêt.

« …Sur ce monticule, tu verras un grand homme noir, pas plus grand que deux hommes de ce monde. Il a un pied, et a un œil au milieu du front, il porte une lance en fer… Bien que laid, ce n’est pas un homme désagréable. Il est le gardien de la forêt, et tu verras un millier d’animaux sauvages brouter autour de lui. »

Kynon demande quel pouvoir détient ce puissant dieu de la forêt sauvage sur les animaux. Le gardien de la forêt répond :

« Petit homme, je te montrerai, » dit-il, et il prit son gourdin et frappa un cerf pour que celui-ci brame : après cela, les animaux sauvages vinrent à lui et furent autant que les étoiles dans le ciel… Il les regarda et leur ordonna de paître, et ils le saluèrent et l’honorèrent tels que le font les hommes obéissants envers leur seigneur. Puis, il dit « Bien, petit homme, tu vois le pouvoir que je détiens sur ces animaux. »

Dans les anciennes images gauloises, le Cornu, Cernunnos, est montré tenant des serpents à tête-de-bélier et est entouré par un cerf et un taureau, symbolisants sa maîtrise des troupeaux à cornes et de chèvres.

Ainsi, il apparaît clairement pourquoi les sorcières, à travers toute l’Angleterre et l’Europe, racontaient comment le Vieux Cornu, le Diable, leur donnait des animaux familiers au cours de leur initiations, ceci afin de les aider dans leurs sorcelleries. L’esprit familier, également appelé le puckerel, imp (ndlt : un petit démon ; en France, on parle de Démon Familier) et nigget, peut être vu comme un aspect de « l’âme-animal » ou « animal-fetch » (ndlt : familier… Mais littéralement l’animal qui cherche), que le Maître Cornu dévoile chez son initié.

Si nous interprétons le familier sous cette lumière, il représente une manifestation d’atavismes profondément enfouis à l’intérieur de la psyché du sorcier et qui peut être projetée pour réaliser certains travaux magiques. Dans certains cas, on pensait que les familiers d’une sorcière résidaient dans son corps, et émergeaient lorsque évoqués pour certaines raisons spécifiques.

Les formes prises par les familiers des sorcières ouvrent sur un monde étrange, complet, de zoologie occulte et de symbolisme totémique. Parmi les plus connus, il y a le chat noir qui rappelle à la fois le lynx sacré de la Déesse Nordique Freyja et le Chat Sith ou le Chat de Féerie de la tradition Celtique. La pupille du chat est supposée se contracter et se dilater en fonction des cycles de la lune et ses étranges va et vient nocturnes sont particulièrement significatifs : à la fois comme familier et « shape-shifting » (ndlt : transformation, changement de formes) des sorcières. Annis la Noire, l’effrayante sorcière des collines de Leicestershire prenait parfois la forme d’un chat.

Le lièvre est un autre célèbre familier des sorcières et à nouveau, un des aspects préférés pour le « shape-shifting » (ndlt : transformation, changement de forme) dans la sorcellerie rurale anglaise. Ses associations à la lune et à la fertilité sont bien connues. Dans le Lancashire, le rebouteux portait toujours une patte de lièvre dans son chapeau comme signe de sa fonction.

La sorcière de Somerset, Elizabeth Styles possédait un familier qui avait la forme d’un chien noir, qu’elle appelait Robin. En Pennsylvanie hollandaise, ceux qui pratiquaient la «hexerei » (ndlt : sorcellerie) étaient habituellement accompagnés d’une chouette, comme familier.

D’autres esprits familiers dans les annales de la sorcellerie traditionnelle apparaissent, tels que les chevaux, les crapauds, les rats, les furets, les corbeaux, les belettes, les merles, les hérissons et divers hybrides étranges et theriomorphes de l’Autre Monde. En pensant aux familiers-souris, nous nous rappellerons qu’en Allemagne, l’âme des sorcières quittait leur corps par la bouche sous la forme d’une petite souris rouge.

Les sorcières gardaient parfois ces créatures-esprits dans de petits pots en terre et leur faisaient une offrande sacrificielle de quelques gouttes de leur sang.

En certaines occasions, nous trouvons des sorcières qui étaient assistées par le peuple de féerie ou des esprits ancestraux. La sorcière d’Orkney, Bessie Dunlop était aidée par l’esprit d’un Thomas Reid qui avait combattu et qui était mort à la bataille de Pinkie et qui résidait alors parmi les gens du Sidhe, dans le monde de Féerie.

vendredi, juillet 13 2007

Baba Yaga ou la femme sauvage

"Baba Yaga sur son tambour", enfin c'est ce qui était indiqué sur l'étiquette, sous l'illustration originale de Bilibine. J'ai été éblouie par l'expo "L'art Russe, dans la seconde moitié du XIXème siècle : en quête d'identité" qui s'est tenue l'an dernier au musée d'Orsay. C'était la première fois que j'étais émue par une exposition au point de pleurer devant tant de beauté et surtout de profondeur. Je crois que l'intitulé "en quête d'identité" était de trop, parce que les oeuvres dites "arts populaires" témoignent d'une sacrée personnalité et identité. Elles respiraient l'instinct sauvage, l'imaginaire, les contes, les mythes et la spiritualité.

J'essaierai de scanner quelques photos et reproductions tirées du catalogue de l'exposition, dont une table dite de baba yaga, qui représente un chaudron renversé à pattes et dont le plateau est en agate.

Baba Yaga Femme Sauvage, par Amy Sophia Marashinsky ©, traduction et adaptation Lune

Je me promène à travers la forêt
Et converse avec les animaux
Je danse pieds-nus sous la pluie
Sans vêtement
J'emprunte les chemins
que j'ai tracés moi-même
et selon mes envies
Mon instinct est vivant et tranchant comme un rasoir
Mon intuition et mes sens me permettent
d'exprimer librement toute ma vitalité
et mon exubérante gaieté
pour mon propre plaisir
car ce besoin d'être est bien naturel
Je suis la joyeuse et sauvage force de vie
Venez vers moi, venez à ma rencontre !