Wicca & Feri, leurs différences

Voici un tableau que j’ai trouvé sur une liste de discussions anglophone. Je me suis amusée à le traduire. Il permet de comparer et différencier rapidement la Wicca et la tradition Feri. J’y ajoute quelques notes perso en italique.

Wicca Feri
Une déesse, Un dieu. Parfois réduits à des archétypes stylisés, d’autres fois spécifiques à la tradition qu’ils patronnent. Inclus un panthéon entier. Tout en reconnaissant et en travaillant avec des déités issues d’autres panthéons. Personnalités discrètes plutôt qu’archétypales.

« Tant que tu ne blesses personne, fais ce que tu veux. » Au moins deux interprétations possible :

  1. Si personne n’est blessé, vous pouvez faire ce que vous voulez. Si quelqu’un est blessé, décidez si vous voulez toujours le faire.
  2. Vous pouvez faire ce que vous voulez SEULEMENT si personne n’est blessé lors du processus.

Ndlt : Pour aller plus loin, lisez l’article d’Artus.

Certains feri suivent le wiccan rede. Mais ses origines sont extérieures à la tradition Feri et beaucoup de feri ne le suivent pas.  Les Feri font ce qu’ils ont besoin de faire, de la manière la plus appropriée et la plus charitable. Parfois ne rien faire cause le plus grand tort.

En réalité, la loi du triple retour est une mauvaise interprétation d’un Mystère Gardnérien. mais de nos jours, même les gardneriens ont adopté cette mauvaise interprétation.

Ndlt : Euh, je dirais plutôt que tout dépend des personnes ;).

Le mystère en question est en rapport avec le rituel d’initiation au second degré.

Pour aller plus loin, lisez l’article d’Artus.

Si un feri est kala, et que les trois âmes sont alignées, une juste action suivra, et produira le plus grand bien pour tous. Il n’y a pas de système de grand livre cosmique qui dit quelle éthique adoptée..

Ndlt : Selon Cora Anderson (co-créatrice de la tradition Feri), « Se maintenir Kala est extrêmement important dans chaque activité de la vie… Cela signifie se maintenir propre et lumineux et libre de tout complexe intérieur et extérieur. »

La résonance morphique conduit au conservatisme dans la réalisation des rituels. Les mêmes formes produisent les mêmes résultats..

Ndlt : Il y a 6 ou 7 ans, j’ai rencontré l’un des membres du coven de Gerald Gardner, Fred Lamond et je me souviens de ce qu’il a dit au sujet des enseignements de Gardner à l’intérieur du cercle : « Du Livre des Ombres, prenez ce qui marche pour vous et laissez tomber le reste ». Ce que la wicca *traditionnelle* est devenue aujourd’hui pourrait bien ne pas correspondre forcément à la vision du fondateur de la Wicca =)

Expérimentale dans son approche et assimilatrice dans sa forme, lorsque quelque chose est efficace cela mérite d’être réutilisé.

Focus sur la fertilité..

Ndlt : Très réducteur. Cela ne fait aucun doute, la wicca est un culte de la fertilité. Même si j’ai déjà lu des articles sur le net affirmant le contraire ! Mais l’extase y est centrale. Cf. La Charge de la Déesse. Rien que ça ;) Après, dans la pratique, tout dépend des gens qui constituent le groupe…

Focus sur l’extase.

Ndlt : Idem un peu réducteur. Même si je connais assez peu cette tradition… Jetez un œil ici.

Le Livre des Ombres fait autorité pour la pratique.

Ndlt : Et une fois de plus on squeeze ce qui nous dérange ? Notamment les enseignements oraux. Mais il faut bien dire que les écrits restent et les paroles s’envolent. Assez peu de choses m’ont été été transmises de cette façon dans le cercle.

Je renvoie à ce que Gardner a transmis justement oralement dans le cercle (cf. plus haut). Le BoS (Livre des Ombres) n’est pas une bible =)

Tradition orale menant à l’authenticité dans la pratique.

Fermée. Conduit au dogmatisme et à l’exclusivité sociale.

Ndlt : Dans la pratique, les choses ne sont pas aussi simplistes. Tout dépend de l’ouverture d’esprit des gens qui constituent le coven.

Ouverte. Conduit à l’intégrité personnelle et à l’ouverture sociale.

La formation et les Secrets sont transmis seulement après l’Initiation. Mais cela peut conduire au fait que la Wicca ne corresponde pas à l’initié.

Ndlt : généralement, les candidats à l’initiation connaissent bien leur sujet. Bien qu’il nous soit déjà arrivé d’initier  des personnes qui découvraient tout juste la Wicca. Elles ont été très heureuses de sauter le pas et de célébrer les mystères dans le cercle :) L’une d’entre elles va d’ailleurs devenir Grande Prêtresse, après avoir été notre Maiden pendant cinq ans. =)

Peu de choses dans la tradition Feri sont réellement liées par le serment et beaucoup de savoir est transmis avant l’initiation. Les cercles Feri peuvent être projetés par un non-initié et il peut y travailler. Ceci donne plus de goût à ceux intéressés par la tradition.

Deux Divinités [hétérosexuelles] qui s’unissent, produisant la monade divine..

Ndlt : Pour aller plus loin, lisez ce texte que j’aime bien sur le site de Nemed & Idad.

Une divinité (« Dieu elle-même », Clito-phallique) donne naissance à de nombreuses divinités via l’orgasme extatique par masturbation.

Voici un tableau que j’ai trouvé sur une liste anglophone. Je me suis amusée à le traduire. Il permet de comparer et différencier rapidement la Wicca et la tradition Feri. J’y ajoute quelques notes perso en italique.

Wicca Feri
Une déesse, Un dieu. Parfois réduits à des archétypes stylisés, d’autres fois spécifiques à la tradition qu’ils patronnent. Inclus un panthéon entier. Tout en reconnaissant et en travaillant avec des déités issues d’autres panthéons. Personnalités discrètes plutôt qu’archétypales.

« Tant que tu ne blesses personne, fais ce que tu veux. » Au moins deux interprétations possible :

  1. Si personne n’est blessé, vous pouvez faire ce que vous voulez. Si quelqu’un est blessé, décidez si vous voulez toujours le faire.
  2. Vous pouvez faire ce que vous voulez SEULEMENT si personne n’est blessé lors du processus.

Ndlt : Pour aller plus loin, lisez l’article d’Artus.

Certains feri suivent le wiccan rede. Mais ses origines sont extérieures à la tradition Feri et beaucoup de feri ne le suivent pas.  Les Feri font ce qu’ils ont besoin de faire, de la manière la plus appropriée et la plus charitable. Parfois ne rien faire cause le plus grand tort.

En réalité, la loi du triple retour est une mauvaise interprétation d’un Mystère Gardnérien. mais de nos jours, même les gardneriens ont adopté cette mauvaise interprétation.

Ndlt : Euh, je dirais plutôt que tout dépend des personnes ;).

Le mystère en question est en rapport avec le rituel d’initiation au second degré.

Pour aller plus loin, lisez l’article d’Artus.

Si un feri est kala, et que les trois âmes sont alignées, une juste action suivra, et produira le plus grand bien pour tous. Il n’y a pas de système de grand livre cosmique qui dit quelle éthique adoptée.

Ndlt : Selon Cora Anderson (co-créatrice de la tradition Feri), « Se maintenir Kala est extrêmement important dans chaque activité de la vie… Cela signifie se maintenir propre et lumineux et libre de tout complexe intérieur et extérieur. »

La résonance morphique conduit au conservatisme dans la réalisation des rituels. Les mêmes formes produisent les mêmes résultats.

Ndlt : Je me souviens nettement de ce que nous a dit Fred Lamond (qui a fait parti du cercle de G. B. Gardner), lors d’une rencontre à un salon du livre, au sujet des enseignements de Gardner. « Du Livre des Ombres, prenez ce qui marche pour vous et laissez tomber le reste ». Ce que la wicca *traditionnelle* est devenue aujourd’hui ne correspondrait pas forcément à la vision du fondateur de la Wicca =)

Expérimentale dans son approche et assimilatrice dans sa forme, lorsque quelque chose est efficace cela mérite d’être réutilisé.

Focus sur la fertilité.

Ndlt : Très réducteur. Cela ne fait aucun doute, la wicca est un culte de la fertilité. Même si j’ai déjà lu des articles sur le net affirmant le contraire ! Mais l’extase y est centrale et vitale. Cf. La Charge de la Déesse. Rien que ça ;)

Focus sur l’extase.

Ndlt : Idem un peu réducteur. Même si je connais assez peu cette tradition… Jetez un œil ici.

Le Livre des Ombres fait autorité pour la pratique.

Ndlt : Et une fois de plus on squeeze ce qui nous dérange ? Notamment les enseignements oraux. Mais il faut bien dire que les écrits restent et les paroles s’envolent. Assez peu de choses m’ont été été transmises de cette façon dans le cercle.

Je renvoie à ce que Gardner a transmis justement oralement dans le cercle. Le BoS (Livre des Ombres) n’est pas une bible =)

Tradition orale menant à l’authenticité dans la pratique.

Fermée. Conduit au dogmatisme et à l’exclusivité sociale.

Ndlt : Dans la pratique, les choses ne sont pas aussi simplistes. Tout dépend de l’ouverture d’esprit des gens qui constituent le coven.

Ouverte. Conduit à l’intégrité personnelle et à l’ouverture sociale.

La formation et les Secrets sont transmis seulement après l’Initiation. Mais cela peut conduire au fait que la Wicca ne corresponde pas à l’initié.

Ndlt : généralement, les postulants à l’initiation connaissent bien leur sujet. Bien qu’il nous soit déjà arrivé d’initier une ou deux personnes qui découvraient tout juste la Wicca. Elles ont été très heureuses de sauter le pas et de célébrer les mystères dans le cercle :) L’une d’entre elles va d’ailleurs devenir Grande Prêtresse, après avoir été notre Maiden pendant cinq ans. =)

Peu de choses dans la tradition Feri sont réellement liées par le serment et beaucoup de savoir est transmis avant l’initiation. Les cercles Feri peuvent être projetés par un non-initié et il peut y travailler. Ceci donne plus de goût à ceux intéressés par la tradition.

Deux Divinités [hétérosexuelles] qui s’unissent, produisant la monade divine.

Ndlt : Un texte que j’aime bien sur le site de Nemed & Idad.

Une divinité (« Dieu elle-même », Clito-phallique) donne naissance à de nombreuses divinités via l’orgasme extatique par masturbation.

Magie des Cordes

Magie des Cordes
Par Estelle Daniels, traduction Lune

La magie des cordes n’est pas l’art magique le plus répandu. Les cordes et rubans de différentes couleurs sont tressés ensemble tout en se concentrant sur un but désiré. Puis la corde est consacrée, bénie et portée.

De nombreuses traditions emploient les cordes de plusieurs couleurs pour indiquer l’acquisition de degrés. Elles varient selon les traditions et régions.

Le type de magie utilisée avec les cordes est largement adaptable. L’une de ses utilisations des plus basiques est la protection. Une corde peut être fabriquée avec l’intention de protéger celui qui la porte de toutes nuisances provenant d’énergies magiques et psychiques. Une fois portée, elle protège la personne. Des cordes spécifiques peuvent être fabriquées pour se protéger contre certains types de nuisances quand le besoin s’en fait sentir. Prenez garde, ces cordes protectrices devront être utilisées seulement en cas de besoin, elles ne devront pas être portées occasionnellement, un jour sur deux. Elles fonctionnent bien lorsque celui qui les porte dort dans un lieu inconnu ou bien lorsqu’il visite un endroit louche.

Favoriser la réussite au travail est une autre façon d’utiliser les cordes. Tressez-les avec l’intention de rendre votre travail meilleur,  d’être plus professionnel, de commettre moins d’erreurs, de faire bonne impression, etc., puis portez-les au travail, sous vos vêtements. Vous pouvez les porter tous les jours (en les retirant après le travail), ou peut-être seulement le Lundi, ou pendant de la journée la plus difficile de votre semaine. Il est possible que vous n’en ayez pas besoin bien longtemps, une fois que vous aurez intériorisé le message.

La magie des cordes s’adapte facilement pour aider les autres qui ne peuvent utiliser eux-mêmes la magie. Vous tissez l’intention dans les cordes et la personne les porte en connaissant le sort que vous avez utilisé et le résultat souhaité. Vous ne pouvez pas donner à une personne une corde et attendre que cela fonctionne sans qu’elle le sache et  sans qu’elle soit d’accord. La personne qui porte la corde doit savoir ce qu’elle représente et doit être un participant volontaire de l’intention magique.

Certaines personnes utilisent les cordes pour invoquer certaines énergies du Dieu ou de la Déesse. Comme les Déités possèdent de nombreux aspects, vous pouvez employer les cordes pour symboliser un aspect particulier de l’une d’Elles, et lorsque vous la tissez  en ayant cela à l’esprit, la corde agit comme un lien vers cette Manifestation. Elles peuvent aussi être employées pour invoquer la protection ou l’aide du Dieu, sous une forme spécifique, lorsqu’elles sont portées.

Une corde peut aussi être utilisée comme un cercle magique portatif. Tressez la corde à l’intérieur d’un cercle avec l’intention de reproduire ce cercle lorsqu’elle sera portée. Puis tout ce que vous aurez à faire c’est de mettre les cordes en place, et vous serez dans ce cercle. Cela fonctionne bien lorsque vous êtes dans un endroit où vous ne pouvez pas projetez un cercle complet, ou lorsque vous avez besoin d’un cercle mais qu’il vous manque du temps ou l’équipement nécessaire. Ce type de corde nécessite d’être rechargée très souvent afin de conserver sa puissance et son efficacité.

Les matériaux utilisés pour une corde varient. Les cordes rondes en « soie » sont celles que je préfère (appelées « queue de rat », etc.), teintes dans différents coloris, habituellement vendues au mètre en mercerie, dans les magasins de tissu ou encore de matériels artistiques. On en trouve de différentes largeurs et dans de nombreux coloris. Elles ne sont pas réellement en soie, mais en polyester teint, et elles fonctionnent très bien, elles se tressent facilement et ont un bel aspect une fois finies. Le fil peut aussi être utilisé, De préférence assez épais pour qu’il résiste à l’usure, et en laine, c’est le mieux. Certains insistent sur le fait que les cordes en fibres naturelles fonctionnent mieux, mais j’ai utilisé les deux et j’ai trouvé les cordes en polyester très biens car elles sont faciles d’utilisation, elles sont grand teint et résistent à l’usure. Vous pouvez essayer et décider par vous-même. Les rubans colorés peuvent également être utilisés, on en trouve en mercerie à la coupe (ce ne sont pas les rubans utilisés pour les paquets cadeaux.) Ce matériel peut souvent être acheté en bobine pendant les soldes à un assez bon prix.

Lorsque je prévois un travail avec une corde spécifique, je vais acheter généralement tout le matériel en une fois. C’est plus facile à tresser si vous utiliser le même matériau, soit tout en soie « polyester », soit en fil de laine, soit des rubans, quand j’achète au mètre, je mesure la longueur désirée ; la taille standard est de trois mètres par corde. Trop longues, elles sont difficiles à travailler, trop courtes, elles sont moins souples. Lorsque je les ai toutes à la maison, j’enduis leurs extrémités de cire fondue, généralement en les passant dans la cire fondue à la base de la flamme d’une bougie afin de sceller les bouts et d’éviter qu’ils ne s’effilochent. Si vous tremper les bouts bien en-dessous de la flamme, ils seront enduits de cire sans que la corde ne brûle. Une fois sèches, je commence le tressage des cordes ou je les mets de côté jusqu’à ce que je choisisse le moment de travailler sur elles.

Un tressage serré donnera une corde plus courte. En tissant les cordes de façon élaborée, vous verrez probablement que l’un des fils sera plus court que les autres, tout en commençant avec la même longueur de corde. Plus on emploie de fil, et de fil épais, plus la corde sera courte. Vous pouvez utiliser un anneau pour fixer la corde, (faites une boucle à travers l’anneau pour attacher la corde plus facilement) ou attachez simplement les bouts ensemble puis tressez les fils, si vous ne voulez pas utiliser de métal.

Lorsque je réalise le tressage, je prévois assez de temps pour terminer la corde en une seule séance. Un simple tressage à trois fils peut prendre de 20 à 40 minutes. Un tressage plus complexe, à sept fils ou plus, peut prendre plusieurs heures. Quand je tresse, j’énonce les raisons pour lesquelles je réalise cette corde, peut-être en créant un poème ou une psalmodie. Je varie les paroles, en utilisant plus d’une rime ou d’une psalmodie. Je visualise le résultat désiré, pas la manière dont le résultat se produira, mais simplement le but souhaité. Si je fabrique la corde pour quelqu’un, je parle de cette personne, j’énonce les raisons de la confection de cette corde et ce que je veux que cette corde fasse. Je ne mets pas par écrit ce que je dis, mais j’y pense, et tandis que le tressage progresse, les mots peuvent changer. C’est OK. L’idée est de tisser une intention dans la corde, non une série de mots ou une psalmodie. Vous pouvez mettre une « musique d’ambiance » qui s’harmonise avec votre intention, mais c’est mieux s’il n’y a pas de paroles. Vous n’avez besoin que de vos propres paroles pour créer le sortilège pas celles de quelqu’un d’autre.

Une fois la corde terminée, je la bénis et la consacre, puis je la range jusqu’à ce qu’elle soit utilisée. Les cordes sont une bonne réserve à sortilèges portatifs et elles voyagent facilement. Vous pouvez les porter sous vos vêtements, ou même comme une ceinture, et elles feront ce que vous désirez, et seront discrètes. Vous pouvez les porter dans une bourse ou une poche, prête à l’emploi quand nécessaire. Placées sous un oreiller, elles offrent une protection la nuit pendant  votre sommeil.

La magie des cordes est simple et efficace, et s’adapte bien à de nombreuses fins.

Soyez bénis.

© 1996, 2003 Estelle Daniels, tous droits réservés.

Le Dieu

Voici une autre traduction commencée l’an dernier. Il s’agit d’une partie du chapitre de Witchcrafting sur le Dieu. Ce n’est pas la meilleure, mais elle introduit le travail pratique, qui est à mon sens vraiment intéressant. J’ai beaucoup de mal avec certaines théories de l’auteur qui ne me semblent pas assez développées. Je ne suis pas persuadée que certaines qualités soient sexuées. Je ne suis pas sûre non plus que les dieux dits patriarcaux, vindicatifs et cruels, aient beaucoup à envier à certaines déesses sanglantes… Je la rejoins néanmoins sur un point, notre perception déformée de Yavhé, comme un dieu lointain et autoritaire, dresse un mur entre nous et les expériences du divin masculin. À nous de faire tomber ce mur !

Le Dieu

Par Phyllis Curott, traduction & adaptation Lune

Extrait du chapitre 6 de « Witch Crafting »

Il existe une merveilleuse expression écossaise que m’a rapportée l’un de mes étudiants : « Ne jamais donner une épée à un homme qui ne sait pas danser. » Au mépris de toutes images et édits bibliques dans lesquels nous avons été élevés, lorsque vous faites de la magie, faisant de vous une Sorcière, vous allez à la rencontre d’un Dieu qui danse. Dans la Wicca, le Dieu n’est pas juste un guerrier, un roi et un père. Il est enjoué, joyeux, érotique et extatique.

Où pouvez-vous trouver ce Dieu ? Si vous êtes un homme, regardez dans le miroir et vous Le verrez. Et si vous êtes une femme, considérez votre vie et vous Le trouverez. Sortez aujourd’hui et tenez-vous sous le chaud et lumineux Soleil et vous Le verrez et Le sentirez. Le Dieu est le feu qui alimente la création, la force qui insémine les fondements de l’être, et la graine d’où toute vie croît. La matière première des planètes, des comètes et des étoiles, d’où proviennent tous les humains, sont le Dieu, car chaque atome de nos corps était jadis un morceau d’étoile.

Comme la Déesse, le Dieu est la force de vie s’écoulant à travers la création, et Il est présent dans la base de tout être. Il réside à l’intérieur de nous tous et comme la Déesse, il possède de nombreux noms, visages, pouvoirs et dons. Comme la Déesse, le Dieu est, à la fois, un et plusieurs.

Les légendes dominantes au sujet du Divin Masculin, rapportées par l’ancien et le nouveau testaments de la Bible, nous présentent Celui-ci comme un parent absent, seul / un père en colère, ou un fils de Dieu sacrifié. Mais il existe d’innombrables mythes et légendes à propos des Dieux qui ont survécu, et qui nous montrent l’immense palette de qualités que possèdent réellement le Dieu. Il y a des Dieux qui sont fils et amants des Déesses (Tammuz, Adonis), qui sont à tel point présents dans le monde qu’ils sont en réalité une manifestation animale (Herne, Cernunnos, Pan) ou végétale, les vertes plantes sortant de Terre (Tammuz, Baal, l’Homme Vert – greenman -, Mescalito). Il y a des Dieux qui sont aussi bien connus pour leurs activités sexuelles que pour leurs activités guerrières (Mars et Arès).

Mais entre nous et ces autres expériences du Divin masculin, se tient la présence dominante du Dieu avec lequel nous avons été élevés, même si nous n’avons pas grandi dans des maisons religieuses – Yahvé, le Dieu des religions abrahamiques (Judaïsme, Christianisme et Islam. Jusqu’à ce que la Sorcellerie moderne réapparaissent sur la scène religieuse occidentale, le mot « Dieu » évoquait l’image si magnifiquement capturée dans les peintures de Michel-Ange, du plafond de la chapelle Sixtine : un patriarche barbu, au torse puissant, nous regardant de haut depuis son royaume céleste. Lisez la Bible et l’image d’une déité sévère devient plus vive, et plus encore, effrayante. Malgré toute sa sagesse et son divin pouvoir, Yahvé était un dieu auto-proclamé et jaloux, qui a exigé que des animaux soient sacrifiés pour lui et qui frappait violemment quiconque lui désobéissait. Et il a ordonné à ses fidèles à faire de même et pire encore, tout cela depuis son lointain trône, bien loin du monde dans lequel nous vivons et luttons.

Dans un tel contexte, celui d’un Dieu Père vindicatif et distant et de déités païennes patriarcales survivantes, qui ont également supplantées la Déesse, il est facile de comprendre l’avènement du Christianisme. La figure du Christ offre une conception du divin masculin très différente – il est tolérant, clément, miséricordieux, il est l’âme de la bonté. Il est réellement et franchement féminin (en prenant sur lui-même nombre des qualités autrefois attribuées au Divin Féminin à présent éradiqué) et, selon de nombreuses histoires du Nouveau Testament, de façon atypique sympathique aux femmes. Mais comme sa mère Marie, il est aussi sans sexualité, sans humour. Jésus n’est pas espiègle, Jésus ne danse pas et comme son père, il est capable d’entrer dans une colère pharisaïque.

En fin de compte, le Christ est l’incarnation du sacrifice de soi, qui l’élève à la sainteté et au pouvoir de son Dieu Père. Le Christ n’est pas seulement le fils de Dieu, il est lui-même divin. Bien que le symbole de la crucifixion soit une profonde et complexe métaphore religieuse (enracinée, en partie, dans les mystères agraires pré-chrétiens tels que ceux d’Attis, Tammuz, Dionysus et Adonis), je ne peux m’empêcher de me souvenir de ma réaction, petite fille, à la vue du Christ sur la croix. J’ai reculé lorsque j’ai vu les clous plantés dans ses mains et ses pieds, le sang coulant des blessures, d’une entaille sous son cœur et son visage, où une couronne d’énormes épines blessait sa chair. L’image seule me terrifiait et plus je grandissais plus j’étais perturbée par le fait que Jésus était dans cet état à cause de la décision de son père de le sacrifier. Permettre que votre enfant soit violemment sacrifié, même pour une « bonne » cause (en sauvant l’humanité du « pêché »), reste quelque chose de violent et cruel – et vous ne pouvez pas échapper à la dure réalité que cela revient moralement à assassiner son propre enfant.

La crise du père absent et du fils sacrifié est partout présente dans notre culture moderne et ne peut avoir été plus violemment et douloureusement évoquée pour ceux d’entre nous qui ont vécu la guerre du Vietnam. En reflétant les actions de leur Dieu, les hommes ont envoyé leurs fils au massacre plutôt que de travailler à résoudre les problèmes de manière pacifique en Asie du sud-est. Nous avons été élevés avec ce genre d’idées du divin masculin, blessées, brutales, brutalisantes. Comment dépasser la souffrance et l’affliction de la souffrance ? Et, le plus important de tout, comment trouver un Dieu vivant, un Dieu présent qui danse dans la joie et embrasse la vie et la Déesse ? Où est-ce que commence le voyage ?

« Cernunnos », peinture digitale par Fabiola I. Vargas

Une Danse Extatique avec Shiva Nataraj

J’aurais également pu choisir pour titre, ce jeu de mot : « Transe en danse »… J’ai pris beaucoup de plaisir à traduire ce texte en dépit du fait qu’il soit assez mal écrit. Il s’agit d’une très belle expérience avec un dieu que j’affectionne tout particulièrement.

Une Danse extatique avec Shiva Nataraj

Une journée dans la vie d’une Dévadasi

par Nikki Lastreto, traduction Lune

Vous l’avez vu un million de fois, ce dieu dansant dans le cercle de feu, l’image du dieu hindou Shiva Nataraj. Son doux visage irradie la compassion tandis que ses mouvements extasiés manifestent l’énergie rythmique primale, ou Shakti, et reflètent sa divinité intérieure.

Le Cosmos est sa salle de danse et nous sommes tous ses partenaires de danse.

« Ses gestes sauvages et plein de grâce, précipitent l’illusion cosmique ; ses bras, ses pieds s’envolent, son torse ondule, et produisent, en effet, la création / destruction continue de l’univers, la mort contrebalançant précisément la naissance, l’annihilation, la fin de tout ce qui vient au monde. »

C’est ce qu’a dit Heinrich Zimmer, spécialiste de l’hindouisme, à propos du Seigneur de la Danse.

Des tonnes de livres ont été écrits sur Nataraj , un gigantesque temple dans le Sud de l’Inde, appelé Chidambaram, est dédié à ses danses et à lui-même, et les philosophes se sont battus pour saisir les nombreux niveaux des significations énoncées par ce dieu extraordinaire. Dans ma recherche de connexion avec Shiva Nataraj, pour mieux expliquer ces racines de la danse-transe de l’Inde Antique, j’ai ressenti la nécessité d’aller plus loin que la lecture de bouquins, j’ai ressenti la nécessité d’invoquer Shiva.

Ainsi, la nuit dernière, tandis que je me préparais à partir pour une fête donnée à San Francisco, dans la Dimension Seven Warehouse, je me suis concentrée sur mon intention pour la soirée. Je voulais fusionner avec Nataraj, devenir une devadasi, ou danseuse du temple sacré. Je savais que j’étais sur la voie lorsque je suis arrivée à la fête, j’ai été immédiatement saluée par une grande statue de bronze de Shiva Nataraj, dominant l’autel face au DJ. Un batik, aux couleurs lumineuses, le représentant était tendu sur le mur principal de la salle de danse. Shiva a en effet été invoqué, la magie tissée, et le moment était venu pour moi de vivre l’expérience de ma danse dévotieuse.

Remplie d’amour pur pour le Seigneur, et tout ce qu’il représente, je me suis laissée dériver à travers les âges, j’étais une jeune devadasi exécutant une danse-transe tantrique, quelque part dans le sud de l’Inde. Le rythme techno se transformait dans ma tête en une mélodie perçante de shenai, le tintement rythmique des cloches du temple résonnait dans un ancien temple de pierre, et le bourdonnement hypnotique des chants dévotieux se répétaient encore et encore.

L’extase permit à la transe de Nataraja de me rattraper, je sentis mon corps tournoyer de manière si inhabituelle que cet état me semblait aussi ancien que Shiva lui-même. Quels étaient ces mouvements étranges, ces pas de danse provocatrice venue d’un autre millénaire ? J’étais capable de quitter mon corps et de m’observer depuis cette nouvelle/ancienne incarnation. Je me rendis compte que chaque mouvement exécuté par la devadasi avait une conséquence, portait un message de dévotion. La danse-transe m’entraînait vers le sens profond de ces mouvements et je me retrouvais instinctivement en train d’exprimer un large éventail d’émotions qui décrivaient les nombreuses manifestations de Shiva Nataraj. C’était sa douce danse du soir pour les tensions célestes d’un chorus divin dans l’Himalaya… Sa danse erratique et intrépide de Destruction et sa danse rapide du Temps aux terres calcinées… Ses danses sur les champs de batailles… avant son mariage… dans un état de folie. En d’autres mots, Shiva danse à chaque moment de la vie, qui sont tous primordiaux de manière égale.

Mes doigts semblaient avoir leur propre vie. Des mudras spontanés (gestuelles symboliques) ont surgi de lointains souvenirs de vies passées, narrant des histoires à la fois familières et étrangères. J’ai visualisé l’appel d’une assemblée Hindoue dans le temple, « en lisant » les histoires que je contais à travers mes mouvements, envoûtée par la danse de la dévadasi. Ils nous ont regardé, mes consœurs danseuses et moi, sans convoitise mais avec dévotion. Nous étions les tentatrices à ce moment, pour les séduire, amener à eux la déesse sous une forme pure.

Perdue dans cette antique transe, j’ai senti mon amour pour Shiva devenir plus profond au fil de la nuit, me consumer. J’ai vu son essence en chacun et tout autour de moi. Les paroles de Swami Nisargadatta Maharaj me revenaient en tête par flash.

« Lorsque je vois que je ne suis rien, c’est de la sagesse ; lorsque je vois que je suis tout, c’est de l’amour. »

Ainsi cela doit expliquer les nuits de sexualité sauvage, que j’ai découvertes dans mes lectures, dans ces temples hindous, lorsque les swamis « célibataires » s’unissent aux servantes « vierges » du dieu, tous dansant leur dévotion ensemble. Il me paraît évident qu’ils étaient également tous en transe, transe induite par la musique rythmique et leurs propres états de béatitude. Je me suis interrogée sur le type de breuvages locaux absorbés par les dévots et les dévadasis, car cela ne fait aucun doute, ils en faisaient usage. (Après tout, Shiva est le dieu du sexe, des drogues et du rock n’ roll). Je me suis également demandée, avec mon cerveau de journaliste / observatrice de tous les jours, si cette danse était encore exécutée de nos jours dans d’obscurs temples Indiens. Depuis que les Nababs dogmatiques, suivis par les Britanniques puritains, ont introduit leur règles pudibondes dans le sous-continent, on peut supposer que ces danses de dévotion paillardes soient devenues illégales. Mais, tout comme ils ont essayé d’interdire la dot, les mariages d’enfants et la sati (lorsqu’une épouse s’immole sur le bûcher funéraire de son mari afin de témoigner de sa fidélité), je sais que tout ces actes continuent d’exister en Inde, certains plus ouvertement que d’autres.

J’ai entendu des histoires à travers tout le vignoble indien au sujet de temples isolés où des hommes continuent à se réunir, à la fois prêtres et profanes, lors des jours propices à la danse de Shiva avec les devadasi locales (des jeunes femmes offertes au temple par leurs parents). J’ai vu des dévots entrer en transe au cours de danses spontanées, inspirées par le pouvoir d’un murti particulier (statue d’une déité). Une femme est devenue littéralement la féroce déesse Kali, une manifestation de Shiva, sous mes yeux. Elle a tournoyé en cercles pendant une heure, elle jetait des regards féroces de ses yeux injectés de sang.

Je me suis jointe à une danse dans un village, de minuit jusqu’à l’aube, qui invoquait la puissante déesse Durga. Pendant des heures nous avons répété des pas simples qui nous ont tous conduit à une transe, jusqu’à ce que la déesse « apparaisse » sous la forme d’un prêtre costumé. A l’aube, plusieurs chèvres ont été sacrifiées en l’honneur de la toute-puissante. Même les fiévreuses danses aux mariages hindous deviennent une transe alors que les hommes ivres (et occasionnellement les femmes) cabriolent pendant des jours au son des flonflons désaccordés de l’orchestre local.

Ils disent que si vous récitez le puissant mantra de Shiva, « Om Nama Shivaya », 108 000 fois avec intensité, alors Shiva viendra et remaniera votre vie. Je sais que c’est vrai, alors ne le prenez pas à la légère. Shiva est tout à la fois création et destruction, l’acceptation et l’appréciation de l’inévitable dharma du changement. Peut-être parce que j’ai toujours invoqué le puissant Shiva au cours de mes années de méditation sous ses nombreux aspects, que je suis si aisément capable de tomber en transe au cours d’une danse de dévadasi. J’attends qu’il vienne à moi comme un amant à une heure convenue. J’explore chaque parcelle de Shiva, alors qu’il imprègne mon être par cette danse, telle une femme méditant tendrement sur chaque aspect du caractère de son homme.

J’imagine le pied levé de Shiva qui accorde le bonheur éternel libérateur. Son autre pied, fermement enraciné sur le dos du nain de l’ignorance est le symbole du triomphe sur l’ego. Le tambour dans sa main supérieure droite joue la note de la création alors que la flamme dans sa main gauche vacille sous le changement apporté par la destruction. Son autre main droite, paume ouverte, dans la position de l’abaya mudra, me rappelle que Se Libérer de la Peur Apporte l’Epanouissement.

Le cercle enveloppant des flammes entourant Shiva Nataraj représente la danse naturelle de la vie. Le croissant de lune dans ses cheveux emmêlés est un symbole de son contrôle complet sur les sens comme les blessures des serpents autour de ses bras sont la preuve de son contrôle sur ses forces de vie essentielles. Son troisième œil est son antenne du suprême.

Tandis que la nuit se transforme doucement en aube, je suis consciente que toute vie est une part d’un grand processus rythmique de la création et de la destruction, de la mort et de la renaissance, et Shiva est la force agissante. A travers la danse, ma shakti (énergie) a muté, a été éprouvée, détruite et finalement revitalisée par la lumière du matin.

Et donc, j’émerge dans un jour nouveau, en remerciant Shiva pour notre besoin spirituel fondamental de nous relier à celui qui a créé, pour ce faire, une nouvelle techno-transéologie. Ma nuit avec Shiva Nataraj, en tant que dévadasi, m’a montré une signification plus profonde de la danse-transe. J’ai appris à ouvrir mon cœur et à laisser circuler Shiva dans tout mon corps, alors que la shakti me guide à travers la nuit.

OM NAMA SHIVAYA

NOTES:

Sur Nataraj :

Extrait de « The Presence of Shiva » par Stella Kramrisch, 1981, pg. 439…

« Le Ananda Tandava, la danse de félicité de Shiva dans le hall de la conscience, est la danse de Shiva dans le cœur de l’homme. Ici Nataraja, le seigneur des danseurs, en dansant, témoigne de sa quintuple tâche, l’expression de sa totalité divine. Ses membres dansants communiquent par ses mouvements et ses symboles ; la quintuple action de création, de maintien, de dissolution, de voiler et dévoiler, et de délivrance. Nataraja danse le cosmos en création, soutient sa création, et la danse en dehors de la création. Le Seigneur voile la création avec l’illusion afin qu’elle ne soit pas perçue comme la réalité, et en dansant, il retire le voile. »

Sur Kali :

Dans le temple de la ville de Chidambaram où Shiva Nataraj vit, l’histoire dit que Shiva Nataraj se disputaient le plus grand temple de la ville. Shiva et Kali sont tout deux célèbres pour leur fantastique et sophistiqué jeu de jambes, c’est pourquoi un concours de danse fut organisé. Le but était de voir qui pourrait lever ses jambes le plus haut.

Tandis que ces deux puissants dieux caracolaient, le gagnant devint évident. Comme Shiva portait une simple peau de tigre autour de sa taille, il était capable de lever son pied au-dessus de l’univers, libre de ses mouvements. Kali cependant, malgré le fait qu’elle soit une féroce déesse, était incapable d’être à la mesure du Seigneur Shiva Nataraj car son sari enveloppait son corps et ne lui permettait pas de lever son pied aussi haut.

Une fois encore, nous voyons l’Inde telle qu’elle est, une société patriarcale. Ainsi, Kali obtint un petit temple dans les faubourgs de la ville, là même où j’ai vu cette femme devenir Kali par la transe. Shiva Nataraj gagna le gigantesque temple qui abrite aujourd’hui sa magnificence.

Sur le Troisième Œil :

Extrait de Karapatri, « Sri Siva tattva, » Siddhanta, II, 1941-42, pg. 116…

« L’œil frontal, l’œil du feu, est l’œil de la plus haute perception. Il regarde principalement à l’intérieur. Lorsqu’il est tourné vers l’extérieur, il brûle tout ce qui apparaît devant lui. C’est par le regard de ce troisième œil que Kama, le seigneur de la luxure, a été réduit en cendres et que les dieux, ainsi que tous les êtres créés, sont détruits lors de chaque destruction cyclique de l’univers. »

Octobre 1998

John Barleycorn ou Jean Grain d’Orge

Lammas le 1er août est sacré car associé au Roi Rouge que l’on sacrifie et par analogie on l’associe à la mort et à la résurrection de John Barleycorn, l’esprit des céréales de la première moisson. John Barleycorn est mort dans le mystère des moissons et l’eucharistie sorcière le consomme par le pain et la bière de la petite fête. Le Roi sacrifié, Llew est pleuré rituellement alors que des feux brûlent sur les collines et sur les lieux élevés des Veilles de Lammas. Les symboles de Lammas sont le pain sacré et la bière en préparation, les « rejets de Lammas » et éclatants du chêne, la gerbe de céréales, l’aigle et la lance du sacrifice. Extrait de « Call of Horned Piper« .

J’avais pris l’habitude de préparer pour les fêtes des récoltes un pain qui possède une forme un peu particulière. Ce pain représente John Barleycorn, Jean Grain d’Orge.

Ce personnage est issu d’une chanson folklorique anglaise. C’est une personnification de l’importante récolte d’orge, et des boissons alcoolisées faites à partir de cette céréale. Dans la chanson, John Barleycorn subit des agressions, la mort et des mortifications qui correspondent à diverses étapes de la culture et la préparation de l’orge, telles que le fauchage et le maltage.

Certains ont interprété l’histoire de John Barleycorn comme la représentation d’une pratique païenne. On a également suggéré que John Barleycorn, ou plus précisément une forme plus ancienne de la chanson, pouvait avoir été récupéré par l’église primitive de l’Angleterre Saxonne afin de faciliter les conversions des païens (polythéistes anglo-saxon indigènes) au Christianisme. John Barleycorn symbolise les cycles de la nature, des esprits et des récoltes de la religion païenne. Il peut également représenter le sacrifice humain. La chanson aurait été christianisée de manière à présenter John Barleycorn comme une figure christique.

Barleycorn, la personnification de l’orge, subit de grandes souffrances avant de succomber à une méchante mort. Cependant, grâce à sa mort, le pain peut être fabriqué. Ainsi, Barleycorn meurt pour que les autres puissent vivre. Finalement, son corps sera mangé comme le pain. On peut comparer cela aux concepts chrétiens du Sacrement et de la Transsubstantiation ; et il n’est pas difficile d’imaginer comment la chanson a pu profiter au Christianisme. Un hymne populaire « We Plough the Fields and Scatter » (Nous Labourons les Champs et Semons) est souvent chanté, sur le même air, lors de la Fête des Récoltes.

Le thème central du conte des versions originales est double : il se concentre non seulement sur la mort et la résurrection de John Barleycorn, mais aussi sur la revanche de Barleycorn sur les marchands qui l’ont maltraité.

John Barleycorn

Il y avait trois rois à l’Est (note de Lune : les versions plus anciennes parlent de l’Ouest)
Trois rois à la fois grands et éminents
Et ils avaient prêté un serment solennel
Jean Grain d’Orge devait mourir.

Ils prirent une charrue et le labourèrent,
Mirent des mottes sur sa tête,
Ils avaient prêté un serment solennel
Et Jean Grain d’Orge était mort.

Mais le joyeux printemps arriva gentiment,
Et les ondées commencèrent à tomber ;
Jean Grain d’Orge se releva,
Et la plaie (dans la terre) les surprit tous.

Les chauds soleils de l’été vinrent
Et il devint épais et fort,
Sa tête s’arma comme de pointes de lances
Pour que personne ne lui cause de tort.

L’automne sobre entra avec douceur,
Et il devint pâle et faible ;
Ses articulations se courbant et sa tête tombante
Montrèrent qu’il commençait à s’affaiblir.

Sa couleur pâlit de plus en plus
Il s’enfonça dans la vieillesse ;
Et alors ses ennemis recommencèrent
A montrer leur rage mortelle.

Ils prirent une arme longue et tranchante,
Et le coupèrent au genou ;
Puis ils l’entravèrent solidement sur un chariot
Comme un gredin coupable d’un délit.

Ils l’allongèrent sur le dos
Et le frappèrent avec des bâtons jusqu’au sang ;
Ils le pendirent avant la tempête ;
Et le tournèrent à maint reprises.

Ils remplirent un trou sombre
Avec de l’eau jusqu’au bord ;
Ils y portèrent Jean Grain d’Orge,
Et l’y laissèrent se noyer ou nager.

Ils le sortirent pour le poser sur le sol,
Pour lui faire subir d’autres tourments,
Et quand des signes de vie apparaissaient
Ils l’agitaient encore de long en large.

Ils passèrent au-dessus d’une flamme brûlante,
La moelle de ses os ;
Mais un meunier fut le pire de tous,
Car il s’écrasa entre deux pierres.

Et ils avaient pris le sang de son cœur,
Et l’avait bu en le faisant circuler
Et plus ils en buvaient,
Plus leur joie grandissait.

Jean Grain d’Orge était un héros audacieux,
De noble hardiesse,
Car si vous pouvez goûter son sang,
Il fera croître votre courage.

Il fera oublier à un homme ses malheurs ;
Il fera grandir toutes ses joies ;
Il fera chanter le cœur d’une veuve,
Même si les larmes étaient dans ses yeux.

Alors portons un toast à Jean Grain d’Orge,
Chaque homme un verre à la main,
Et puisse sa grande prospérité
Ne jamais disparaître dans la vieille Ecosse !

(Version de Robert Burns, extraite de Magie du Nord de Nigel Pennick)

Source : Wikipedia anglais