Lunes Rouges

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La Vieille Sage (the Crone)

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dimanche, mai 25 2008

Honorer nos Grands-Parents

Par Spider, traduction Lune

Extrait de Blessings of the Blood par Celu Amberston (Cornwoman), éditons Porcépik Books

Par Spider, Caney Indian Spirituel Circle ; Pittsburgh, PA.

Sur la cheminée de ma chambre, un petit autel avec des photos de mes grands-parents est disposé. A cet endroit, j’apporte des fleurs en des occasions particulières et je m’y arrête pendant un petit moment chaque jour pour demander conseil. C’est de cette façon que je garde vivant l’esprit de mes grands-mères, en honorant nos liens.

Dans la tradition Caney, les esprits des morts sont appelés « hupias ». De nombreuses manières, le hupia est l’esprit d’une personne que nous avons connu autrefois. Après la mort, comme le corps de la personne retourne à la Terre, le hupia s’éteint doucement également – ou le hupia peut être gardé vivant par notre pratique constante : nous honorons la mémoire de ces personnes.

Mes offrandes de fleurs et petits présents, comme encenser les photographies avec de la sauge, ouvrent une voie de communication avec mes grands-mères. Elles, en retour, me parlent à travers mes rêves et mes voyages chamaniques, en me donnant des cadeaux spirituels et conseils pratiques. Ou bien, alors que je vaquerai à mes occupations quotidiennes, je sentirai la présence d’une de mes grands-mères et, soudain, la réponse à un problème deviendra limpide.

En honorant nos grands-parents de cette façon, nous honorons nos racines de Sang qui remontent jusqu’à Ia Ia et Guaguiona, les anciens humains qui sont les parents des six clans, d’où descendent toutes vies humaines. De cette manière, nous honorons la sagesse du passé, lui permettant de rester dans nos vies. Il n’y a aucun besoin de se sentir couper de nos ancêtres. Ils restent toujours avec nous, attendant que nous reconnaissions leur présence. Quelques soient les chemins que nous choisissons, les grands-parents sont heureux lorsque nous nous ouvrons à la présence de leurs hupias, et nous bénirons avec leur sagesse.

lundi, janvier 7 2008

Croning : rituel de Passage, la Vieille-Sage

Rituel de Passage : la Vieille-Sage

Par E. W., grand-mère dans sa soixantaine (Minnesota du Nord, USA), traduction Lune

Birth of the Crone © 2004 Durga Bernhard

Extrait du livre Blessings of the Blood de Celu Amberston, éditions Porcépic Books

Lorsque je suis restée une année entière sans avoir mes règles, j’ai su que mon cycle s’était finalement arrêté. J’étais déjà impliquée dans la Wicca depuis plusieurs années et je volais faire quelque chose pour célébrer ce passage vers une nouvelle étape de ma vie. Il n’y avait pas grand chose de traditionnel à mettre à profit même au sein de la Wicca, c’est pourquoi je n’étais pas sûre de ce qu’il fallait faire. Tout d’abord, cela m’a beaucoup frustré. Je voulais des choses toutes faites parmi lesquelles piocher, me servir. Mon cercle de femmes m’a fait des suggestions, mais aucune ne ressemblait à ce que je voulais.

Finalement, j’ai réalisé que l’une des tâches de ce passage était de créer mon propre rituel. Lorsque nous sommes plus jeunes, nos familles, maris et la société nous disent quoi faire. Avec ce passage par la porte de la ménopause, je réalisais alors qu’il était temps pour moi de choisir ma propre voie et ma propre célébration. J’avais comme le sentiment d’avoir enfin mûri. Alors je me suis assise et j’ai mis au point tout cela. J’ai laissé libre court à mon imagination.

Cinq jours après la pleine lune, en juillet, j’ai commencé mon rituel de « Croning » (du terme anglais the Crone : la vieille femme, la sage, la sorcière. C’est aussi l’aspect sombre de la grande déesse. Certains perçoivent la déesse comme triple et ses trois aspects correspondent à l’état de vierge, de mère et de vieille femme, ce qui nous renvoie respectivement à la lune croissante, à pleine lune et à la lune décroissante). Quelques amis, mon fils et ma fille m’ont rejoint, dans notre maison de campagne près du lac. Nous avons passé un moment très agréable. Nous avons chanté et dansé un peu et mon cercle de femmes a organisé un délicieux repas. Alors que la nuit commençait à tomber, nous avons fait une procession, chandelles allumées, jusqu’à la plage, où je les ai laissés. Puis mon fils, un ami et moi avons pris une barque et avons quitté le rivage. Les autres nous disaient au revoir alors que nous disparaissions dans la nuit. J’avais revêtu une longue robe verte, j’avais mis des fleurs dans mes cheveux et autour du cou. J’avais posé sur mes épaules une épaisse couverte en laine car les nuits sont fraîches dans les bois, même en été. Je m’étais rendue sur une petite île plus tôt dans la journée, mon fils et ses amis avaient installé pour moi une tente et un petit camp. Comme part de mon propre passage « à l’état de Femme-Sage » (Cronehood), j’avais choisi de partir pendant trois jours dans un endroit éloigné et isolé. Tandis que nous ramions, je pouvais entendre mes amis chanter sur le rivage. Puis, en soulevant leurs chandelles, ils retournèrent à la maison pour poursuivre la fête. Quelques minutes plus tard, nous débarquions sur la petite île. Ce n’était guère plus grand que mon arrière-cour à la maison, mais je me sentais ici très en sécurité. Il y avait quelques arbres pour l’ombre et un magnifique rocher plat pour s’asseoir et admirer le lac.

Lorsqu’ils furent assurés que j’étais bien installée, mon fils et mon ami me laissèrent et rentrèrent à la maison avec la barque. Ils reviendraient me voir au coucher du soleil du troisième jour. Je me suis assise pour la presque totalité de cette nuit, à regarder la lune sur l’eau. C’était un sentiment merveilleux. A l’aube, à la tombée de la nuit et au lever de la lune, chaque jour j’étais là, sur mon rocher. Je priais la Terre-Mère et la Déesse pour qu’elles me bénissent et me guident sur ma nouvelle voie. J’avais choisi de faire cette retraite durant la lune décroissante car c’est le moment de la Vieille Sage (the Crone). J’ai voulu sentir cette énergie lunaire à l’intérieur. J’ai voulu expérimenter comment je me relierais au monde naturel à présent que je n’étais plus une femme qui Saigne, mais une femme qui s’accrochait à son Sang, en gardant son pouvoir (celui de ce Sang) en elle.

Je dormais la plupart des journées, préférant réserver mes énergies pour les nuits lorsque Hécate s’élève haut dans le ciel sombre. Ce fut le moment le plus merveilleux et magique de toute ma vie.

Au coucher du soleil du troisième jour, ils revinrent pour moi. Mon ami et ma fille m’apportèrent de nouveaux vêtements. Je me baignai dans le lac et mis ma nouvelle robe – noire bordée d’argent sur manches et la capuche. Et surprise ! Ils me donnèrent une petite couronne en argent ornée d’un croissant de lune sur le devant. Nous avons alors ramé vers le rivage où mes amis et ma famille attendaient pour m’accueillir en tant que Vieille Sage (crone). Chandelles allumées, nous sommes rentrés à la maison de campagne et nous avons remercié Hécate pour ses nombreux dons. J’ai raconté mes rêves et visions intérieures vécus sur l’île. Plus tard, nous avons festoyé et dansé jusqu’à l’aube.