Archives de la catégorie : Hedgewitch, Hedgewitchery

En pleine forêt

Quand une copine sorcière débarque à l’improviste, toute la maisonnée part à la cueillette de baies sauvages, prépare des confitures et se ballade pour rencontrer les habitants de la forêt qui peuplent aussi ses voyages dans l’Autre-Monde.

Photo par Mlle Mandragore

Transformation ou changement de forme

Voici un autre texte traduit par Moryane. Encore une fois merci ma belle pour ce nouveau partage !


Kuzunoha, la femme-renard laissant son enfant par Yoshitoshi. Estampe tirée des Nouvelles Formes de Trente-six Fantômes (1889 – 1892)

Transformation ou changement de forme

Shape Shifting (extrait de Advanced Wicca) de Patricia Telesco ©
Traduction/adaptation Moryane


Dans le changement de forme, vous créez une autre image de vous-même, qui peut-être un animal, une plante, une pierre ou une autre personne. Sous plusieurs aspects, le changement de forme ressemble au glamour (l’art magique de créer une illusion) avec un point central différent et un effet plus global. Dans ce cas, le procédé transforme votre regard extérieur, vos perceptions et votre compréhension, pas nécessairement d’une manière que les autres perçoivent.

Bien que certains changeurs de forme talentueux peuvent obtenir quelques réactions intéressantes des gens autour d’eux, ce n’est pas la raison principale de la transfiguration. Au lieu de cela, la raison du changement de forme est de littéralement marcher un mile dans les souliers de quelqu’un ou de quelque chose d’autre. Cette expérience vous permet d’obtenir une compréhension profonde et une connexion à différentes forces qui se trouvent dans la nature, en vous-même, dans les autres et dans la Magie.

À travers cette technique, vous pouvez en venir à savoir ce qu’est de voler comme un oiseau (pour la perspective), de courir comme un loup (pour la ruse), de voir le monde comme un rocher (pour la patience) ou vous voir vous-même  à travers les yeux d’un ami (pour un discernement plus clair). Vous pouvez voyager dans une flamme et danser avec les salamandres pour la joie et l’énergie; disparaître dans une rafale de vent avec les sylphes pour retrouver votre enfant intérieur et votre créativité; peut-être vous enracinez comme un grand chêne pour recevoir la force, ou vous épanouir comme une fleur de Beltane pour prendre conscience de votre beauté intérieure. Ce ne sont là que quelques exemples!

La façon la plus simple de comprendre la transformation c’est par la dimension spirituelle. Bien que le centre de vos efforts soit généralement terrestre, l’effet prend place dans l’astral. Pensez-y comme une communion sacrée pendant laquelle vous modelez votre aura en l’image d’une chose ou d’une personne que vous honorez. Vous pouvez faire ceci à travers la visualisation, le chant, la méditation – n’importe quelle technique métaphysique qui fonctionne pour vous. Plusieurs personnes réussissent l’expérience avec succès en combinant une observation minutieuse de la chose ou de la personne avec un jeun, la visualisation, le glamour et la méditation.

Comme toute chose dans l’univers, nous sommes dans un état constant de changement. Chaque pensée et action nous change à l’intérieur et à l’extérieur. Par exemple, lorsque nous buvons de l’eau, elle devient une part de nous, ainsi que tout ce qu’il y a dans cette eau. Cette absorption représente un changement et un élément nourricier. Le changement de forme travaille simplement avec cette énergie transformatrice intérieure pour des besoins plus spécifiques.

Alors, la première question en changement de forme est Quoi ou Qui. Y a-t-il quelqu’un que vous avez besoin de mieux comprendre? Y a-t-il une herbe avec laquelle vous travaillez régulièrement et que vous voudriez connaître davantage? Avez-vous une affinité pour un animal particulier sur lequel vous aimeriez apprendre encore plus? Les possibilités sont vastes et illimitées, tout comme les merveilles de l’univers et votre imagination! Commencez par ces étapes de base :

1 – Étudiez votre modèle avec les yeux d’un artiste. Apprenez à connaître chacune de ses lignes et chacune de ses courbes. S’il s’agit d’un animal, d’une plante ou d’une pierre, faites des recherches sur le folklore à son sujet, découvrez son habitat et ainsi de suite. Plus vous en saurez sur le prototype, plus vous aurez de la facilité à prendre sa forme.

2 – Préparez-vous. Prenez un bain ou une douche pour purifier votre corps et calmer votre aura. La veille, si c’est possible pour vous, physiquement et selon votre horaire, jeûnez, priez, lisez et méditez.

3 – Essayer de garder votre esprit fermé à toutes autres pensées. Vous devez être totalement centré sur votre modèle et ses caractéristiques.

4 – Ajoutez le plus d’apports sensuels possible. Si le modèle à une odeur, une texture, un son ou autre, essayez de vous en entourer. De cette manière vous pouvez construire votre aura en une nouvelle image, une dimension à la fois.

5 – Laissez tomber les images et cessez de penser au physique. Votre esprit n’est pas limité à la structure du corps. Laissez également tomber vos attentes; laissez le changement arriver de lui-même. Abandonnez-vous à vos instincts magiques naturels; abandonnez-vous à la chose ou à la personne en laquelle vous désirez vous transformer.

6 – Commencez à visualiser la transformation en étapes lentes et successives. Si cela peut vous aider, pré enregistrez une visualisation guidée pour vous-même, commençant par les pieds et en montant. Une visualisation très efficace consiste à se voir soi-même comme une lumière liquide qui peut être versée dans un contenant et prendre la forme voulue.

7 – Accordez-vous tout le temps nécessaire pour assimiler le changement lorsqu’il se manifeste. Le changement de forme ne doit pas être précipité. Vous saurez que vous vous transformez lorsque votre conscience commencera à changer. Vous ressentirez de nouvelles dimensions de sensations – dans votre manière de percevoir la lumière par exemple, ou les odeurs dans l’air. Ce sera comme s’éveiller à un monde entièrement nouveau dans lequel le soi est mis momentanément de côté, et le manteau d’une autre personne ou d’une autre chose recouvre votre âme.

8 – Lorsque vous aurez fini de vous transformer, suivez vos instincts. Les personnes qui deviennent des animaux trouvent souvent eux-mêmes comment se conduire comme l’animal. Les gens qui deviennent des pierres peuvent se sentir lourds, anciens et ancrés solidement au sol.

9 – Prenez note mentalement de tous les changements que vous ressentez, spécialement des changements sensoriels. Qu’apprenez-vous? Quelles sont les choses les plus importantes à propos de cette expérience que vous pourriez ramener dans votre vie réelle?

10 – À un certain point, vous pourrez sentir l’énergie de la transformation décliner. Lorsque cela se produit, retransformez-vous en renversant le procédé initial. Ne jamais, en aucune circonstance, revenir directement à vous-même. Cela cause des maux de tête incroyables.

11 – Relaxer, respirez profondément, et mangez quelque chose comme des légumes frais pour vous ancrer à nouveau dans la réalité.

12 – Prenez note de votre expérience et revenez-y lorsque vous voudrez réessayer. Regardez les parties de votre approche de transformation qui ont bien fonctionné pour vous et concentrez-vous sur elles, en apportant des ajustements mineurs selon les différents modèles.

Le crane bag

Le Crane bag

Par Cassandra Eason, traduction Lune

(Image : Shakti´s Bardic crane bag, 2005)

Aucune druidesse ne s’aventurerait bien loin sans son crane bag pour collecter des trésors naturels. Le nom de crane bag (ndlt : littéralement sac grue) vient du sac créé par Mannanann mac Lir, le Seigneur celte de la Mer, à partir de la peau d’une grue, dans lequel il portait les trésors de l’Irlande. Les mythes se contredisent quant à l’identité du propriétaire original de la peau de grue. Dans la tradition populaire irlandaise, une légende raconte que la grue était en fait la vierge Aoife, qui avait été ensorcelée par une rivale jalouse pour l’amour du seigneur de la mer. Par la suite, elle vécut sous la forme de cet oiseau dans la maison du seigneur de la mer et ce jusqu’à sa mort, deux cents ans plus tard.

Dans une autre version, elle fut l’épouse de Mannanann, qui la punit pour avoir donné à l’humanité l’alphabet de la connaissance. Parmi le trésor que le sac contenait se trouvaient une ceinture faite avec le dos d’une baleine, des trésors conquis lors des grandes batailles et, ce qui est tout à fait charmant, la chemise de Mannanann.

Votre crane bag peut être façonné à partir de tout tissu naturel, peut-être en toile de jute, en coton ou en soie, car de nombreuses druidesses modernes n’aiment pas utiliser les peaux d’animaux. Il devra être assez grand pour contenir un certain nombre de petites branches, de coquillages, de pierres et ainsi de suite. Les grands sacs en tissu brodé de cordelettes que vous pourriez trouver dans les magasins ethniques sont idéaux.

Dans le sac, vous pouvez garder enveloppés dans un bout de soie tout trésors naturels particuliers que vous aurez trouvé, par exemple des glands ou des baies d’un vieil arbre ou d’un arbre qui semble particulièrement magique. Vous pourrez y ranger des coquillages trouvés sur une plage ou sous une cascade ; des plumes que vous aurez trouvées sur un site ancien ; vos cristaux favoris ; une petite bouteille d’eau issue d’un puits sacré ou de l’eau consacrée par vos soins, un petit peu d’encens ndlt : smudge dans le texte (un petit fagot d’herbes séchées, comme de la sauge, du cèdre, du romarin ou de la lavande, à brûler et qui peut être allumé pour créer une fumée parfumée au cours des rituels) ; peut-être un fossile que vous aurait transformé en amulette et vos baguettes divinatoires liées aux arbres dans leur sac avec une cordelette. De cette façon, vous serez prête pour un rituel improvisé lors d’une ballade en plein air.

Vous pourrez, au fil des ans, avoir ramassé de nombreux trésors et porté à différents moments, les uns ou les autres, dans votre crane bag, en gardant ceux que vous ne portez pas sur vous, enveloppés et rangés dans une petite boîte en bois. Impliquez vos enfants également – ils adorent partir à la recherche de fossiles et pierres particulières.

Si vous le souhaitez vous pouvez laisser le contenu de votre crane bag à l’air libre, posé sur leur bout de soie lors de la pleine lune, et peut-être de l’aube au soir lors du jour le plus long de l’année ; vos trésors absorberont la puissance que vous pouvez ensuite utiliser pour renforcer votre pouvoir personnel, pour la protection et la guérison.

Listez vos trésors, notez les dates de façon à vous rappelez, lorsque vous contemplerez chacun d’entre eux au calme, leur lieu d’origine et la magie du moment de leur collecte.

Vous pouvez aussi avoir un ou deux objets utilitaires, comme des allumettes, un stylo et un carnet, et des petits bourses pour ramasser les plantes, les feuilles, les fleurs ou les baies sans les écraser.

Folklore Féérique

Dans le livre que je lis actuellement, The Feary Tradition par Orion Foxwood, je suis tombée sur un extrait de Irish Fairy par W. B. Yeats, j’ai commencé à le traduire puis j’ai trouvé une très bonne version française sur le net. J’aurais cependant tendance à remplacer Fées par petit peuple ou peuple de féérie. Je la copie-colle. Précèdera et suivra une traduction des commentaires d’Orion Foxwood.

La veille de chaque trimestre (Hallowmas, Lammas, Rodmas et Candlemas), les Fées quittent leurs maisons et les sorcières se réunissent pour les saluer. Le premier Lundi après le jour du semestre est considéré comme des plus propices. On dit qu’elles sortent également lors d’autres Fêtes, telles que le Solstice d’été. Le savoir traditionnel est clair sur une chose à propos de cet enseignement, les Fées sont reliées aux mouvements des saisons et des énergies de vie à travers les routes cachées du pays (ndlt : l’auteur fait référence aux mondes parallèles, intérieurs). W. B. Yeats dans Irish Fairy and Folk Tales partage ce savoir avec nous à propos des Festivals de Féérie :

Elles (les Fées) ont trois grands festivals dans l’année–la nuit d’avant Mai, la nuit d’avant le milieu de l’été, la nuit d’avant Novembre. La nuit d’avant Mai, une fois tous les sept ans, elles combattent partout, mais surtout dans la « plaine de Bawn » (où que ce soit), de sorte que la récolte, les plus beaux épis, leur appartiennent. Un vieil homme m’a dit qu’il les avaient vu se battre une fois; elles ont déchiré en deux, par le milieu, le toit d’une chaumière. Si quelqu’un d’autre avait été à proximité, il aurait juste vu un grand vent faisant tout tourbillonner dans l’air sur son passage. Quand le vent fait tourbillonner la paille et les feuilles sur son passage, ce sont les fées, et les paysans enlèvent leurs chapeaux et disent, « Dieu les bénisse ».

La nuit d’avant le milieu de l’été, quand les feux de joie sont allumés sur chaque colline en l’honneur de Saint Jean, les fées sont on ne peut plus gaies, et il leur arrive parfois d’enlever de belles filles pour les épouser.

La nuit d’avant Novembre, elles sont on ne peut plus mélancolique, car, selon le vieux calendrier Gaélique, c’est la première nuit de l’hiver. Cette nuit, elles dansent avec les fantômes, et le Pooka est de sortie, et les sorcières tissent leurs sortilèges, et les filles dressent la table au nom du diable, de sorte que l’ombre de leur futur amoureux puisse passer par la fenêtre et venir manger. Après cette nuit, les mûres ne sont plus bonnes, car le Pooka les a gâtées.

Cette citation nous donne d’importantes indications sur le folklore lié aux Fées :

  1. les Fées sont liées aux saisons,
  2. elles agissent de différentes manières en changeant d’endroits durant les saisons (probablement, ces changements influencent le temps des saisons),
  3. les sacrifices du blé sont réalisés pour elles.
  4. le « Plain-a-Bawn » est probablement la plaine d’abondance du monde-d’en-bas, car c’est une activité de récolte qui provoque le début de l’été, lorsque les Fées marquent le destin du grain avant qu’il ne pousse.
  5. elles ont des périodes d’intense activité provoquant des tourbillons de vent qui peuvent être destructeurs (cela montre également qu’elles sont liées aux forces élémentaires).
  6. seuls les humains qui possèdent la seconde vue peuvent les voir,
  7. les paysans les bénissent pour leur protection personnelle, et
  8. après la veille de Novembre (c’est-à-dire la Toussaint), toute nourriture végétale non récoltée appartient au peuple de Féérie et ne devra pas être récoltée par les humains.

Un onguent pour voir les fées

Voici une recette d’onguent pour voir le petit peuple extrait de l’Encyclopedia of Fairies écrit par Katherine Mary Briggs (1898 – 1980). A l’origine, cette recette est issue d’un manuscrit du XVIIème siècle et provient de la bibliothèque bodléienne de l’Université d’Oxford, en Grande-Bretagne. Difficile à traduire, même pour le fun =)

Un Onguent. Oindre sous et au-dessus des paupières, soir et matin, mais particulièrement lorsque vous appeler (la vision ?), ou trouvez votre vue imparfaite. Prendre un demi-litre (?) d’huile à salade (!!) et la mettre dans une fiole de verre, mais tout d’abord laver la (l’huile !) à l’aide d’eau de rose et d’eau de fleurs de souci, les fleurs auront été récoltées à l’est, lavez-la jusqu’à ce qu’elle (l’huile) devienne blanche, puis mettez la dans le verre comme dit plus haut puis mettez-y les boutons de roses trémières, les fleurs de souci ; les fleurs ou sommités du thym sauvage, les bourgeons de jeune noisetier, et le thym doivent (doit ?) être cueilli (s) sur le flanc d’une colline où les fées ont l’habitude d’aller (souvent ?), et (prendre ?) l’herbe d’un trône de fée, là, mettre tout cela dans l’huile, dans le verre, et laissez dissoudre au soleil pendant trois jours et gardez la pour votre usage ; comme dit plus haut.