Les premiers fruits, rituel de Lughnasadh

Lughnasadh, 31 juillet/1er août

Par Sheena Morgan, traduction Lune

photo par Neil Sutherland et Steeve Morley

© Extrait de  » the wicca handbook, complete guide to witchcraft and magic » par Sheena Morgan (1)

Lammas / Lughnasadh.

:: Correspondances magiques ::

– éléments : Feu et Eau
– outils magiques : Calice et Baguette
– direction : Sud Ouest
– époque : début des récoltes
– temps : fin d’après-midi
– âge des homme : maturité
– attribut : achèvement
– dieux et déesses : Morgay, Déméter, Marcia, Cérès, Llew, Lugh, Odin

:: Premiers Fruits ::

PRÉPARATION

Faites une promenade dans la campagne et essayez de trouver les premières mûres de la saison. Dans le jardin, passez en revue les premières pommes, poires et prunes. Cueillez un bouquet de fleurs, d’herbes ou de céréales qui symbolisent le soleil. Les tournesols sont un choix évident, comme le sont aussi les soucis (calendula), le fenouil, le millepertuis et le blé.

Décorez votre autel avec les premiers fruits et fleurs, avec une faucille si vous en possédez et des chandelles rouges ou oranges.

Réalisez une poupée de blé.

Avant votre rituel, passez un peu de temps à réfléchir sur les thèmes du sacrifice et de la productivité. Réfléchissez aux choses que vous avez du abandonner ou laisser derrière vous cette année et qui vous ont permis d’être là où vous êtes aujourd’hui. Réfléchissez à la progression de vos propres récoltes. Êtes-vous heureux de ce que vous avez atteint dernièrement ?

Placez une poignée de farine d’avoine dans une mousseline et nouez-la de manière à former un petit sac. Placez cela dans votre bain rituel.
Le plus important de tout est de faire cuire une boule de pain afin de l’utiliser au cours de votre rituel. Prenez ce processus comme une méditation. Impliquez-vous personnellement dans l’alchimie qu’apporte la levure à faire vivre la chaleur (l’eau chaude) et la nourriture (le sucre). Concentrez-vous sur la magie du mélange du grain qui est principe masculin et de l’eau qui est principe féminin. Observez les deux substances devenir une seule chose vivante, grossir (grandir) et gonfler (lever). Finalement, voyez la transformation aboutie dans ce pain cuit.

LE RITUEL

Projetez votre cercle et adressez-vous aux 4 directions comme d’habitude.

Relaxez-vous, permettez à votre esprit de se détendre et laissez votre respiration devenir plus calme et régulière. Commencer le pathworking (ndlt : une méditation poussée se focalisant sur un sujet précis) de Lammas.

Prenez quelques instants pour rassembler vos pensées puis poursuivez votre rituel.

Vous pourrez désirer réaliser une danse en cercle afin de souhaiter la bienvenue à la Déesse. Dites :

« Déesse Bénie, je te souhaite la bienvenue en cette nuit de naissance et de mort. Les récoltes ont commencé, jardins et champs s’emplissent de fruits et de céréales, mais nous savons qu’il ne peut y avoir de vie sans mort. Nous savons que Tu es Celle qui donne et Celle qui prend. Sois avec moi en cette nuit. »

Vous pourrez souhaiter jouer du tambour pour invoquer le Dieu. Dites :

« Roi Blé, sois avec moi en cette nuit. Tu es celui qui a été choisi, Celui qui devra mourir afin de protéger la terre. Lumineux, ton temps est passé. Les récoltes ont commencé, les champs sont d’or et les premiers fruits sont prêts à être cueillis ».

Prenez le pain de l’autel et placez-le devant vous. Puis prenez les fleurs et les céréales qui symbolisent le soleil. Marchez déosil (dans le sens horaire) autour du pain et, tandis que vous marchez, frottez les grains et les fleurs entre vos doigts. Alors que pétales et grains tombent en cercle au sol, dites :

« Roi Blé, redeviens le grain, tu as vécu et comme tout ce qui vit, tu dois mourir. Redeviens le grain, ainsi se forme le mystère de la vie. Roi Blé, redeviens le grain. Ainsi fut l’ancien, ainsi soit-il et ainsi en sera-t-il à jamais, tel le cercle qui tourne pour toujours. »

Prenez le pain qui se trouve par terre et coupez le en deux. Buvez du vin et mangez de ce pain. Méditez sur l’idée du sacrifice et de de la fructification. Fermez le cercle de façon habituelle. Faites une libation aux dieux.

(1) Sheena est une Grande Prêtresse Wiccane. Elle a une passion pour le jardinage « holistique » et la magie des plantes. C’est un auteur populaire et un designer. Sheena a été rédactrice de Gardening, Red Magazine.

Le temps des récoltes

Voici venu le moment des récoltes matérielles et spirituelles. Qu’avez-vous récolté cette année ? Prenons le temps de considérer le fruit de nos labeurs, de l’apprécier pleinement et de le célébrer dans la joie et l’allégresse.

Je lève bien haut le calice et rends grâce à la Dame et au Cornu pour tous les bienfaits qu’ils nous ont accordé cette année, pour l’accomplissement de nos plus grands rêves !

Reine des Prés

Thym Serpolet

Achillée Millefeuille

Sureau rouge

Chardon

Molène

Millepertuis

Camomille

Lughnasad

Lughnasad (1er août)

Par Starhawk ©, traduction & adaptation Lune

Décorez l’autel avec des gerbes de blé. Un grand pain d’orge avec la forme du Dieu est posé sur l’autel, et de petits pains en forme d’hommes et de femmes sont empilés dans des paniers. D’autres paniers contiennent des gâteaux et des biscuits en forme d’étoile. Un feu est allumé au centre du cercle.

Réunissez-vous, méditez et respirez tous ensemble. La prêtresse dit :

 » C’est l’éveil de Lugh, le Roi Soleil qui meure avec l’année déclinante,
le Roi Grain qui meure lorsque le blé est fauché.
Nous nous tenons à présent entre l’espoir et la peur, en cette période d’attente.
Dans les champs, le grain est mûr mais pas encore récolté.
Nous avons travaillé dur pour amener de nombreuses choses à maturation,
mais les récompenses ne sont pas encore assurées.
A présent la Mère devient la Faucheuse,
l’Implacable qui se nourrit de la vie afin qu’une vie nouvelle puisse grandir.
La lumière diminue, les jours raccourcissent, l’été passe.
Nous nous réunissons pour faire tourner la Roue,
en sachant que pour récolter nous devons sacrifier,
et la chaleur et la lumière doivent doucement s’atténuer et passer à l’hiver. « 

Purifiez, projetez le cercle et invoquez la Déesse et le Dieu.

La prêtresse porte les paniers de bonhomme de pains, elle donne un bonhomme à chaque membre du coven, en demandant :

 » De quoi as-tu peur ? « 

Le membre du coven répond, en disant, par exemple :

 » De l’échec. « 

La prêtresse répète la réponse, en encourageant les autres membres du coven à la chanter :

 » Échec, échec, échec… « 

Un chant nait à partir de toutes les peurs collectives tandis qu’elles sont canalisées dans les pains-personnages.

Alors que le chant devient plus fort, la prêtresse conduit une danse en spirale, dans le sens contraire du soleil et en passant devant le feu. Chaque personne jette son bonhomme de pain dans le feu, en se concentrant sur le fait qu’elle se libère de sa peur. La prêtresse chante :

 » Dans ce feu, puisse-t-elle me quitter moi et les miens !
Puisse-t-elle s’en aller, puisse-t-elle s’en aller,
Puisse-t-elle mourir
Et brûler sous le soleil rouge
Alors que l’année se meure
Et disparaît,
Alors que toute chose passe,
Tout s’efface…  »
(répétez les deux dernières phrases.)

Lorsque tous sont passés devant le feu, un Cône est soulevé sans un mot afin de purifier le groupe de leurs peurs. Les membres du coven portent à présent les paniers d’étoiles, et en donnent un à chaque personne en demandant :

 » Que souhaites-tu récolter ? « 

Un chant est construit à partir des réponses, et un nouveau Cône est soulevé pour charger les étoiles avec le pouvoir afin que l’espoir se manifeste. Lorsque le pouvoir est mis à la terre, la prêtresse lève bien haut une étoile en disant :

 » Puisse l’étoile de l’espoir être toujours en nous. « 

Tous mangent les étoiles.

Le prêtre lève bien haut le pain qui représente le Dieu, en disant :

 » Contemplez le grain de vie ! « 

Il l’amène à chaque personne et alors que chacun en rompt un morceau et le mange, il dit :

 » Mangez de cette vie qui toujours meure et renait. « 

Festoyez, et ouvrez le cercle.

Rite de Lammas

Rite de Lammas

Par Elen Hawke ©, traduction Lune

Lammas / Lughnasadh.

Si ce rite peut être réalisé en extérieur, c’est parfait cependant si vous souhaitez le faire dans un champ de blé, choisissez-en un qui a déjà été fauché afin de ne pas piétiner la moisson.

Conduisez tout le rituel de manière très simple (dépouillée) et solennelle.

Vous aurez besoin de :

– Quelques épis de blé, d’avoine ou d’orge

– Bougies d’un orange-doré profond pour l’autel

– Du jus de raisin noir ou du vin rouge pour le calice

– D’un peu de pain frais pour la fête (un pain recouvert de graines de pavot serait l’idéal)

– Coquelicots ou tournesols pour l’autel (si vous voulez utiliser les coquelicots, coupez-les juste avant le rituel, sinon ils seront fanés).

– D’encens de Lammas ou d’encens contenant des pétales de soucis, quelques têtes de camomille, du bois de santal, de la sauge et un peu d’oliban et de myrrhe.

Projetez le cercle de manière habituelle, allumez les bougies des quartiers et de l’autel.

Soulevez l’énergie par une danse silencieuse en cercle, main dans la main.

Évoquez le Dieu :

« Père du grain,
Esprit du blé,
Toi qui meures pour nous nourrir,
Nous te remercions pour ton don désintéressé.
Puissent tes feux brûler une dernière fois avant ton départ. »

Une personne allumera les bougies oranges pendant qu’une autre dispersera les épis de blé à travers l’espace rituel.

À présent la Déesse est évoquée avec les mots suivants :

« Toi qui étais la Grande Mère de l’ancien,
Nous honorons ton sacrifice.
Nous te remercions pour notre récolte personnelle,
Et nous t’offrons notre propre sacrifice,
Car nous devons abandonner tout ce qui a échoué dans nos propres vies,
Même si nous savons qu’il est difficile de laisser derrière nos rêves chéris. »

Debout, main dans la main, chaque personne du groupe devra, chacune son tour, dans le sens des aiguilles d’une montre, lister les buts qui ont porté leurs fruits en cette période de moisson.

Puis, exposez les projets qui ont échoué et qui nécessitent d’être libérés, relâchés (les sacrifices), et chaque personne, consciemment, les laisse partir.

Le calice de jus de raisin noir ou de vin rouge est soulevé à présent, silencieusement, en hommage au Dieu. C’est son sang (un symbolisme qui est bien antérieur, de quelques milliers d’années, aux communions Chrétiennes). Puis, versez un peu de ce vin sur le sol et les épis de blé, avant que le calice soit passé à la ronde à chacun, comme d’habitude.

Soulevez le pain de la même manière, pour honorer la Déesse qui nous a fait don du corps de son fils/amant afin que nous puissions manger.

Passez le pain autour du cercle, chacun brisant un morceau et remerciant en silence avant de manger.

L’acte de consommation du pain et du jus/vin est une part des habituels remerciements et adieux à la Déesse et au Dieu.

Le rituel est clôt et le cercle est ouvert de la manière habituelle.

Les Nyasas

Artus m’avait parlé il y a déjà longtemps des nyasas et son explication m’avait interpellé. Comme je travaille pas mal par imposition des mains, je suis toujours curieuse des différentes pratiques existantes (reboutage de nos campagnes, magnétisme, reiki japonais et tibétain…) mais aussi un peu à rester sur ma faim quant à une technique à visée spirituelle. Les nyasas ont tout ce qu’il faut pour me séduire… Un vaste sujet à découvrir et à tester :)

Nyasa, divinité dans le corps

Tiré du site religiousworlds.com, traduction Lune

Le mot Nyasa signifie « position » et fait référence à une composante importante de la rituélie tantrique au cours de laquelle le praticien touche diverses parties de son corps en même temps qu’il prononce un mantra et visualise une devata ou un bija (racine) mantra. Le nyasa est supposé « diviniser » le corps de l’adepte.

Il existe une grande variétés de nyasas, et certains sont très complexes et élaborés. Pour exemple, le nyasa Mahashodha au cours duquel un sadhaka ou une sadhvika place des planètes, des constellations, des sites sacrés et d’autres éléments de la cosmologie de Lalita sur son corps. Ceci démontre l’identification du macrocosme et du microcosme au sein de la tradition tantrique.

Les types de nyasa les plus souvent rencontrés dans le rituel tantrika sont le Nyasa Rishi, le Nyasa Kara (main), le Nyasa Matrika et le Nyasa Sadanga. Chaque mantra a son propre Rishi, ou devin, qui le prononça en tout premier, donnant ainsi naissance à une phrase. Selon de nombreux textes tantriques, l’utilisation des mantras tirés des livres est vaine, bien que cette règle ne soit pas valable pour le Mahachinachara et, comme certains le disent, le culte de Kali Shri Shri.

Dans le Nyasa Matrika, on place sur le corps les 50 lettres de l’alphabet Sanskrit. Pendant cette pratique, le praticien utilise diverses gestuelles avec ses mains (mudras). Chaque lettre prononcée est précédée d’un OM et suivie d’un NAMAH.

Le Nyasa Sadanga utilise des bijas liées à de longues voyelles de l’alphabet Sanskrit. (…)

Le culte de différentes dévatas conduit à des formes de Nyasas adaptées à une divinité en particulier. Par exemple, dans le rituel d’adoration de Bala, il existe des formes optionnelles tel que le Nyasa des Neuf Yoni, relié aux neuf triangles de son yantra et un Nyasa Flèche, lié aux cinq flèches fleuries qu’elle tient dans l’un de ses mains.

Et au sein du culte de Jvalamukhi, on trouve un Nyasa très répandu qui est relié aux 21600 inspirations du corps humains au cours d’une journée et d’une nuit. Ce Nyasa est lié à la position des chakras dans le corps humain.

Le culte de Kali est très ancien et il existe des centaines de formes de Nyasa qui lui sont rattachées. Dans l’annexe de la section Guhyakali du Mahakalasamhita, nous en trouvons une multitude et parmi celle-ci : le Nyasa Kalikulakrama, le Nyasa Yogini, le Nyasa Yajnamaharaja, etc.

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Un petit lexique rapide :

Bala :  Déesse Bala Tripura. Bala signifie « fille », c’est l’un des trois aspects de la Déesse Rouge. Il s’agit de son aspect le plus fortement érotique. Bala est une adolescente, Tripurasundari est la mère et Tripurabhairavi est un femme dont les menstruations ont cessé.

Devata : divinité féminine.

Jvalamukhi : déesse des flammes éternelles.

Lalita : Lalita est le nom d’une déesse faisant partie du groupe des Mahavidyas (Grandes Sagesses) ou Dasa Mahavidyas. Ce groupe est constitué de 10 déesses ou plus précisément des 10 aspects de la Mère Divine ou Devi de l’hindouisme. Lalita-Tripurasundari (Shodashi) est la Déesse Qui est la « Beauté dans les Trois Mondes » (Déité Suprême des systèmesSrikula), la « Parvati Tantrique » ou la « Moksha Mukuta ».

Mahachinachara : pratiques bouddhistes pour atteindre l’illumination.

Matrika : les 50 lettres de l’alphabet sanskrit.

Shri : du sanskrit Śrī. Titre donné aux divinités hindoues.