Arcane XIX


Arcane XIX, tarot The Old Path

Lorsque l’on doute, de soi, de l’autre, de nos projets, de ce que l’on fait de ses mains, de ses rêves… On a parfois envie de se raccrocher à l’immatériel. Dans ces moments, je peins des images sans les penser et je scrute celles des autres. Je laisse les symboles parler directement à mon âme pour qu’ils la pansent, la rassurent et la réconfortent.

Dans la boîte de ma grand-mère, je range mes tarots favoris. J’y place quelques grains d’oliban. Ainsi, les cartes ne se chargeront pas d’une énergie dont je ne veux pas. Je les interroge et elles désignent l’une d’entre elles pour que je la garde sur moi quelques jours, comme un talisman.

John Barleycorn ou Jean Grain d’Orge

Lammas le 1er août est sacré car associé au Roi Rouge que l’on sacrifie et par analogie on l’associe à la mort et à la résurrection de John Barleycorn, l’esprit des céréales de la première moisson. John Barleycorn est mort dans le mystère des moissons et l’eucharistie sorcière le consomme par le pain et la bière de la petite fête. Le Roi sacrifié, Llew est pleuré rituellement alors que des feux brûlent sur les collines et sur les lieux élevés des Veilles de Lammas. Les symboles de Lammas sont le pain sacré et la bière en préparation, les « rejets de Lammas » et éclatants du chêne, la gerbe de céréales, l’aigle et la lance du sacrifice. Extrait de « Call of Horned Piper« .

J’avais pris l’habitude de préparer pour les fêtes des récoltes un pain qui possède une forme un peu particulière. Ce pain représente John Barleycorn, Jean Grain d’Orge.

Ce personnage est issu d’une chanson folklorique anglaise. C’est une personnification de l’importante récolte d’orge, et des boissons alcoolisées faites à partir de cette céréale. Dans la chanson, John Barleycorn subit des agressions, la mort et des mortifications qui correspondent à diverses étapes de la culture et la préparation de l’orge, telles que le fauchage et le maltage.

Certains ont interprété l’histoire de John Barleycorn comme la représentation d’une pratique païenne. On a également suggéré que John Barleycorn, ou plus précisément une forme plus ancienne de la chanson, pouvait avoir été récupéré par l’église primitive de l’Angleterre Saxonne afin de faciliter les conversions des païens (polythéistes anglo-saxon indigènes) au Christianisme. John Barleycorn symbolise les cycles de la nature, des esprits et des récoltes de la religion païenne. Il peut également représenter le sacrifice humain. La chanson aurait été christianisée de manière à présenter John Barleycorn comme une figure christique.

Barleycorn, la personnification de l’orge, subit de grandes souffrances avant de succomber à une méchante mort. Cependant, grâce à sa mort, le pain peut être fabriqué. Ainsi, Barleycorn meurt pour que les autres puissent vivre. Finalement, son corps sera mangé comme le pain. On peut comparer cela aux concepts chrétiens du Sacrement et de la Transsubstantiation ; et il n’est pas difficile d’imaginer comment la chanson a pu profiter au Christianisme. Un hymne populaire « We Plough the Fields and Scatter » (Nous Labourons les Champs et Semons) est souvent chanté, sur le même air, lors de la Fête des Récoltes.

Le thème central du conte des versions originales est double : il se concentre non seulement sur la mort et la résurrection de John Barleycorn, mais aussi sur la revanche de Barleycorn sur les marchands qui l’ont maltraité.

John Barleycorn

Il y avait trois rois à l’Est (note de Lune : les versions plus anciennes parlent de l’Ouest)
Trois rois à la fois grands et éminents
Et ils avaient prêté un serment solennel
Jean Grain d’Orge devait mourir.

Ils prirent une charrue et le labourèrent,
Mirent des mottes sur sa tête,
Ils avaient prêté un serment solennel
Et Jean Grain d’Orge était mort.

Mais le joyeux printemps arriva gentiment,
Et les ondées commencèrent à tomber ;
Jean Grain d’Orge se releva,
Et la plaie (dans la terre) les surprit tous.

Les chauds soleils de l’été vinrent
Et il devint épais et fort,
Sa tête s’arma comme de pointes de lances
Pour que personne ne lui cause de tort.

L’automne sobre entra avec douceur,
Et il devint pâle et faible ;
Ses articulations se courbant et sa tête tombante
Montrèrent qu’il commençait à s’affaiblir.

Sa couleur pâlit de plus en plus
Il s’enfonça dans la vieillesse ;
Et alors ses ennemis recommencèrent
A montrer leur rage mortelle.

Ils prirent une arme longue et tranchante,
Et le coupèrent au genou ;
Puis ils l’entravèrent solidement sur un chariot
Comme un gredin coupable d’un délit.

Ils l’allongèrent sur le dos
Et le frappèrent avec des bâtons jusqu’au sang ;
Ils le pendirent avant la tempête ;
Et le tournèrent à maint reprises.

Ils remplirent un trou sombre
Avec de l’eau jusqu’au bord ;
Ils y portèrent Jean Grain d’Orge,
Et l’y laissèrent se noyer ou nager.

Ils le sortirent pour le poser sur le sol,
Pour lui faire subir d’autres tourments,
Et quand des signes de vie apparaissaient
Ils l’agitaient encore de long en large.

Ils passèrent au-dessus d’une flamme brûlante,
La moelle de ses os ;
Mais un meunier fut le pire de tous,
Car il s’écrasa entre deux pierres.

Et ils avaient pris le sang de son cœur,
Et l’avait bu en le faisant circuler
Et plus ils en buvaient,
Plus leur joie grandissait.

Jean Grain d’Orge était un héros audacieux,
De noble hardiesse,
Car si vous pouvez goûter son sang,
Il fera croître votre courage.

Il fera oublier à un homme ses malheurs ;
Il fera grandir toutes ses joies ;
Il fera chanter le cœur d’une veuve,
Même si les larmes étaient dans ses yeux.

Alors portons un toast à Jean Grain d’Orge,
Chaque homme un verre à la main,
Et puisse sa grande prospérité
Ne jamais disparaître dans la vieille Ecosse !

(Version de Robert Burns, extraite de Magie du Nord de Nigel Pennick)

Source : Wikipedia anglais

Charge de l’Athamé

Photo par Tim Hartridge

Prend place juste après « l’eau et le sel » et juste avant la projection du cercle.

Charge de l’Athamé
Par The Sacred Well Congregation, traduction Lune

Puisses-tu être chargé,
Du centre de tout,
Ci-dessus et ci-dessous,
A travers et autour,
A l’intérieur et à l’extérieur,
Pour bien me servir,
Entre les mondes.
Ainsi soit fait !

Tous : Ainsi soit fait !

L’Esprit Familier

L’Esprit Familier
Par Nigel Jackson ©, traduction & adaptation Lune

Chapitre ‘8’ de « Call of the Horned Piper »

La figure du Vieux Cornu, le dieu des sorcières, s’étend depuis l’antiquité Européenne, terne et sombre, de la chasse et de l’élevage de troupeaux, là où il règne sur les bêtes sauvages et le bétail domestiqué tel le Maître chamanique des Animaux, depuis son profond trône dans les forêts d’Annwyn. Il est le chef suprême des royaumes les plus sauvages que ses habitants honorent comme leur véritable maître, lui et ses serviteurs : le Gruagach des Highland en Ecosse, le Boggart du Lancashire, le Brownie d’Angleterre, à qui on faisait régulièrement des offrandes en échange de leur aide pour accroître la fertilité et les richesses naturelles.

Le Maître Cornu gouverne les pouvoirs générateurs du royaume des bêtes, les forces primales de vie, de mort et de renaissance qui nourrissent le monde naturel, et était donc une divinité très importante de la même façon pour l’éleveur, le berger et le chasseur, depuis les tout débuts de la période indo-européenne et antérieure.

Dans le conte gallois de « Owein ou la Comtesse de la fontaine » du Mabinogion, Kynon rencontre une créature, assise sur un petit monticule dans la clairière d’une forêt.

« …Sur ce monticule, tu verras un grand homme noir, pas plus grand que deux hommes de ce monde. Il a un pied, et a un œil au milieu du front, il porte une lance en fer… Bien que laid, ce n’est pas un homme désagréable. Il est le gardien de la forêt, et tu verras un millier d’animaux sauvages brouter autour de lui. »

Kynon demande quel pouvoir détient ce puissant dieu de la forêt sauvage sur les animaux. Le gardien de la forêt répond :

« Petit homme, je te montrerai, » dit-il, et il prit son gourdin et frappa un cerf pour que celui-ci brame : après cela, les animaux sauvages vinrent à lui et furent autant que les étoiles dans le ciel… Il les regarda et leur ordonna de paître, et ils le saluèrent et l’honorèrent tels que le font les hommes obéissants envers leur seigneur. Puis, il dit « Bien, petit homme, tu vois le pouvoir que je détiens sur ces animaux. »

Dans les anciennes images gauloises, le Cornu, Cernunnos, est montré tenant des serpents à tête-de-bélier et est entouré par un cerf et un taureau, symbolisants sa maîtrise des troupeaux à cornes et de chèvres.

Ainsi, il apparaît clairement pourquoi les sorcières, à travers toute l’Angleterre et l’Europe, racontaient comment le Vieux Cornu, le Diable, leur donnait des animaux familiers au cours de leur initiations, ceci afin de les aider dans leurs sorcelleries. L’esprit familier, également appelé le puckerel, imp (ndlt : un petit démon ; en France, on parle de Démon Familier) et nigget, peut être vu comme un aspect de « l’âme-animal » ou « animal-fetch » (ndlt : familier… Mais littéralement l’animal qui cherche), que le Maître Cornu dévoile chez son initié.

Si nous interprétons le familier sous cette lumière, il représente une manifestation d’atavismes profondément enfouis à l’intérieur de la psyché du sorcier et qui peut être projetée pour réaliser certains travaux magiques. Dans certains cas, on pensait que les familiers d’une sorcière résidaient dans son corps, et émergeaient lorsque évoqués pour certaines raisons spécifiques.

Les formes prises par les familiers des sorcières ouvrent sur un monde étrange, complet, de zoologie occulte et de symbolisme totémique. Parmi les plus connus, il y a le chat noir qui rappelle à la fois le lynx sacré de la Déesse Nordique Freyja et le Chat Sith ou le Chat de Féerie de la tradition Celtique. La pupille du chat est supposée se contracter et se dilater en fonction des cycles de la lune et ses étranges va et vient nocturnes sont particulièrement significatifs : à la fois comme familier et « shape-shifting » (ndlt : transformation, changement de formes) des sorcières. Annis la Noire, l’effrayante sorcière des collines de Leicestershire prenait parfois la forme d’un chat.

Le lièvre est un autre célèbre familier des sorcières et à nouveau, un des aspects préférés pour le « shape-shifting » (ndlt : transformation, changement de forme) dans la sorcellerie rurale anglaise. Ses associations à la lune et à la fertilité sont bien connues. Dans le Lancashire, le rebouteux portait toujours une patte de lièvre dans son chapeau comme signe de sa fonction.

La sorcière de Somerset, Elizabeth Styles possédait un familier qui avait la forme d’un chien noir, qu’elle appelait Robin. En Pennsylvanie hollandaise, ceux qui pratiquaient la «hexerei » (ndlt : sorcellerie) étaient habituellement accompagnés d’une chouette, comme familier.

D’autres esprits familiers dans les annales de la sorcellerie traditionnelle apparaissent, tels que les chevaux, les crapauds, les rats, les furets, les corbeaux, les belettes, les merles, les hérissons et divers hybrides étranges et theriomorphes de l’Autre Monde. En pensant aux familiers-souris, nous nous rappellerons qu’en Allemagne, l’âme des sorcières quittait leur corps par la bouche sous la forme d’une petite souris rouge.

Les sorcières gardaient parfois ces créatures-esprits dans de petits pots en terre et leur faisaient une offrande sacrificielle de quelques gouttes de leur sang.

En certaines occasions, nous trouvons des sorcières qui étaient assistées par le peuple de féerie ou des esprits ancestraux. La sorcière d’Orkney, Bessie Dunlop était aidée par l’esprit d’un Thomas Reid qui avait combattu et qui était mort à la bataille de Pinkie et qui résidait alors parmi les gens du Sidhe, dans le monde de Féerie.