Les tisanes lunaires et solaires

Tisanes lunaires et solaires

Par B. E., sorcière (la trentaine), Nouveau Mexique rural, traduction Lune

Patti Warashina, Teapot

Par Patti Warashina, Teapot – Witch with Forked Tongue, 14” x 7” x 13”

Extrait du livre Blessings of the Blood de Celu Amberston, éditions Porcépic Books

Ndlt : l’auteure parle de tisanes, mais en réalité il s’agit ici de macérations.

Pour des raisons de santé, et magiques, je fabrique et utilise plein de tisanes lunaires et solaires. Je fabrique ces tisanes en plaçant les plantes que je désire dans un pot de verre rempli d’eau froide. Je place le pot à l’extérieur, à la lumière, durant une période de temps définie. Les tisanes solaires sont stimulantes et très rapides ; 3 à 4 heures sous un soleil chaud et vous obtenez une boisson d’été rafraîchissante. Voici quelques-unes de mes tisanes favorites : la sauge, la menthe, l’oseille, la consoude et la bourrache. Je prépare les tisanes lunaires de la même manière que les solaires, mais elles ont une signification plus profonde et plus rituelle pour moi. Je dispose les herbes dans une jarre et les laisse toute la nuit sous la lumière de la lune.

En permettant aux plantes d’infuser doucement à la lumière du soleil et de la lune, les tisanes absorbent non seulement les propriétés des plantes curatives des plantes mais elles sont aussi remplies du pouvoir de la lumière des cieux.

Les propriétés bénéfiques des herbes agissent sur notre corps aussi bien que nos émotions puisque liés. Pour donner un exemple, si je travaille sur un problème particulier comme l’inconfort durant les règles, je choisirais ainsi une tisane lunaire. Je prendrais en considération tout d’abord mes sentiments et essaierais de choisir les plantes pour renforcer ou changer mon humeur. Contre les crampes, je mettrais dans ma jarre des herbes apaisantes, curatives comme la consoude, la prèle, la cataire, l’ortie et peut-être un peu de marie-jeanne (ndlt : les principes actifs de cette plante ne se diluent pas dans l’eau, mais plutôt dans des corps gras et l’alcool), des graines à chapelet (ndlt : Caulophyllum thalictroides, attention quand même, cette plante peut provoquer des irritations des muqueuses… d’où la précision de l’auteure : ajouter un peu de cette plante à la tisane) ou de la scutellaire – relaxants musculaires, contre la douleur. Je pourrais aussi rajouter des plantes pour clarifier mes pensées ou de la bourrache pour m’encourager à regarder en moi-même, voir ce qui est déséquilibré dans ma vie et qui est la cause sous-jacente du problème.

Les phases de la lune sont aussi importantes. La période de la nouvelle lune à la pleine lune est la meilleure pour l’invocation, la période de la lune décroissante est la meilleure pour le bannissement et la calme introspection de la Vieille-Sage (la crone). Si nous pouvons accepter que nos vies sont intrinsèquement liées aux éléments naturels et à toutes choses vivantes, alors nous commençons à comprendre comment nous pouvons être influencés par toutes les choses qui nous entourent.

Lorsque je fabrique mes tisanes, je fais un rituel au cours de cette préparation. Je chante et prie, respire et focalise mon intention sur elles. Puis je les mets sous le ciel et invite les esprits des cieux, du soleil, de la lune et des étoiles à venir et bénir mes boissons. J’offre toujours quelque chose de moi-même en retour – en cadeau : un peu de mes cheveux, de mon Sang, une chanson particulière. D’une certaine façon, je veux dire merci pour le cadeau que je recevrai. Plus tard, lorsque je m’éveillerai, sortirai de mes rêves, pour boire mes tisanes lunaires à la lumière de l’aube, je me sentirai particulièrement bénie et en harmonie avec le monde. C’est une magie de guérison très puissante.

Croning : rituel de Passage, la Vieille-Sage

Rituel de Passage : la Vieille-Sage

Par E. W., grand-mère dans sa soixantaine (Minnesota du Nord, USA), traduction Lune

Birth of the Crone © 2004 Durga Bernhard

Extrait du livre Blessings of the Blood de Celu Amberston, éditions Porcépic Books

Lorsque je suis restée une année entière sans avoir mes règles, j’ai su que mon cycle s’était finalement arrêté. J’étais déjà impliquée dans la Wicca depuis plusieurs années et je voulais faire quelque chose pour célébrer ce passage vers une nouvelle étape de ma vie. Il n’y avait pas grand chose de traditionnel à mettre à profit même au sein de la Wicca, c’est pourquoi je n’étais pas sûre de ce qu’il fallait faire. Tout d’abord, cela m’a beaucoup frustré. Je voulais des choses toutes faites parmi lesquelles piocher, me servir. Mon cercle de femmes m’a fait des suggestions, mais aucune ne ressemblait à ce que je voulais.

Finalement, j’ai réalisé que l’une des tâches de ce passage était de créer mon propre rituel. Lorsque nous sommes plus jeunes, nos familles, maris et la société nous disent quoi faire. Avec ce passage par la porte de la ménopause, je réalisais alors qu’il était temps pour moi de choisir ma propre voie et ma propre célébration. J’avais comme le sentiment d’avoir enfin mûri. Alors je me suis assise et j’ai mis au point tout cela. J’ai laissé libre court à mon imagination.

Cinq jours après la pleine lune, en juillet, j’ai commencé mon rituel de « Croning » (du terme anglais the Crone : la vieille femme, la sage, la sorcière. C’est aussi l’aspect sombre de la grande déesse. Certains perçoivent la déesse comme triple et ses trois aspects correspondent à l’état de vierge, de mère et de vieille femme, ce qui nous renvoie respectivement à la lune croissante, à pleine lune et à la lune décroissante). Quelques amis, mon fils et ma fille m’ont rejoint, dans notre maison de campagne près du lac. Nous avons passé un moment très agréable. Nous avons chanté et dansé un peu et mon cercle de femmes a organisé un délicieux repas. Alors que la nuit commençait à tomber, nous avons fait une procession, chandelles allumées, jusqu’à la plage, où je les ai laissés. Puis mon fils, un ami et moi avons pris une barque et avons quitté le rivage. Les autres nous disaient au revoir alors que nous disparaissions dans la nuit. J’avais revêtu une longue robe verte, j’avais mis des fleurs dans mes cheveux et autour du cou. J’avais posé sur mes épaules une épaisse couverte en laine car les nuits sont fraîches dans les bois, même en été. Je m’étais rendue sur une petite île plus tôt dans la journée, mon fils et ses amis avaient installé pour moi une tente et un petit camp. Comme part de mon propre passage « à l’état de Femme-Sage » (Cronehood), j’avais choisi de partir pendant trois jours dans un endroit éloigné et isolé. Tandis que nous ramions, je pouvais entendre mes amis chanter sur le rivage. Puis, en soulevant leurs chandelles, ils retournèrent à la maison pour poursuivre la fête. Quelques minutes plus tard, nous débarquions sur la petite île. Ce n’était guère plus grand que mon arrière-cour à la maison, mais je me sentais ici très en sécurité. Il y avait quelques arbres pour l’ombre et un magnifique rocher plat pour s’asseoir et admirer le lac.

Lorsqu’ils furent assurés que j’étais bien installée, mon fils et mon ami me laissèrent et rentrèrent à la maison avec la barque. Ils reviendraient me voir au coucher du soleil du troisième jour. Je me suis assise pour la presque totalité de cette nuit, à regarder la lune sur l’eau. C’était un sentiment merveilleux. A l’aube, à la tombée de la nuit et au lever de la lune, chaque jour j’étais là, sur mon rocher. Je priais la Terre-Mère et la Déesse pour qu’elles me bénissent et me guident sur ma nouvelle voie. J’avais choisi de faire cette retraite durant la lune décroissante car c’est le moment de la Vieille Sage (the Crone). J’ai voulu sentir cette énergie lunaire à l’intérieur. J’ai voulu expérimenter comment je me relierais au monde naturel à présent que je n’étais plus une femme qui Saigne, mais une femme qui s’accrochait à son Sang, en gardant son pouvoir (celui de ce Sang) en elle.

Je dormais la plupart des journées, préférant réserver mes énergies pour les nuits lorsque Hécate s’élève haut dans le ciel sombre. Ce fut le moment le plus merveilleux et magique de toute ma vie.

Au coucher du soleil du troisième jour, ils revinrent pour moi. Mon ami et ma fille m’apportèrent de nouveaux vêtements. Je me baignai dans le lac et mis ma nouvelle robe – noire bordée d’argent sur manches et la capuche. Et surprise ! Ils me donnèrent une petite couronne en argent ornée d’un croissant de lune sur le devant. Nous avons alors ramé vers le rivage où mes amis et ma famille attendaient pour m’accueillir en tant que Vieille Sage (crone). Chandelles allumées, nous sommes rentrés à la maison de campagne et nous avons remercié Hécate pour ses nombreux dons. J’ai raconté mes rêves et visions intérieures vécus sur l’île. Plus tard, nous avons festoyé et dansé jusqu’à l’aube.

Portrait chinois… ou comment écrire pour ne rien dire ^^

Illustration Arthur Rackham

J’ai piqué ce petit questionnaire sur le blog de Loreley Demi Lune

Une fleur : une rose ancienne

Une couleur : le violet

Un animal : un chat bien sûr

Un vêtement : un corset en vinyl noir

Un bijou : un collier « victorien »

Un prénom de fille : Iris

Un prénom de garçon : Nicolas, euh… nan. J’en sais rien. Arthur.

Un pays : Israyeeel comme chante Siouzie Sioux =)

Un mois : Novembre

Un jour de la semaine : samedi

Un livre : l’Etranger de Camus

Un film : Secrets & Lies de Mike Leigh

Un instrument de musique : le daf

Un des quatre éléments : l’eau

Une saison : l’automne

Une planète : la lune ou bien vénus

Une chanson : Love will tear us apart de Joy Division

Un tatouage : nan pas pour moi merci =)

Un mot : douceur

Un métal : l’argent (/ou le cuivre)

Un moyen de transport : des bonnets de lutin ou le tambour… ou encore le train, c’est magique =)

Une voiture : bof, je n’aime pas les voitures…

Une célébrité : Robert Smith mais sans bière ni foot ^^

Un dessinateur : Alan Lee

Un parfum : la sueur de l’autre pendant l’amour

Parfum de glace : vanille

Une boisson : un jus d’herbes à la Nounou Ogg (version mon ours) :o) ou bien un fantasme (un cocktail d’été qui déchire tout)

Un jeu : yoshi island :o)

Un adjectif : indécise

Un verbe : observer

Un personnage de fiction : albator =)

Un objet : un coffre ou bien sa clef

Une peur : ne plus aimer

Un symbole : l’infini

Une personne que vous aimeriez rencontrer : mon arrière-grand-mère maternelle

Une passion : bof, j’en ai sûrement trop ^^

Une lettre : aleph

Une citation : « N’essaie pas. Fais le, ou ne le fais pas. » Yoda ^^

Un style de musique : oriental

Une heure : 23 h

Un nombre : 5

Un sport : la natation

Une arme : un poignard

Une qualité : je sais bien cuisiner…

Un défaut : …mais parfois je rate =) (à question con…)

Un aliment : des fraises

Un lieu : les Monts d’Arrée

Un arbre : un sureau parce que je pourrais tour à tour vous offrir des fleurs et des fruits et même un peu de mon bois. Tout cela pour satisfaire votre gourmandise, étancher votre soif, guérir vos petits maux de tous les jours. Et comme j’abrite volontiers le petit peuple, je pourrais également réenchanter votre petit monde.

Un métier : peinturlureuse

Un mode de communication : l’e-mail

Un son : le chant des hirondelles

Le pêcheur et la pénitence au Moyen-Age…

Ou le témoignage des pratiques païennes et sorcières par les curés de l’époque… A lire entre les lignes donc ^^

Le pêcheur et la pénitence au Moyen-Age…

Cyrille VOGEL, Le pêcheur et la pénitence au Moyen-Age aux éditions Cerf

Le hurlement aux astres

61. Les traditions païennes, comme héritage diabolique, se transmettent jusqu’à nos jours de père en fils : l’on adore les éléments, lune ou soleil, le cours des étoiles, la nouvelle lune, l’éclipse de lune, l’on essaie de redonner son éclat à la nouvelle lune par des cris ou autrement, l’on pousse des hurlements pour venir au secours des astres ou pour en attendre du secours, l’on attend la nouvelle lune pour construire les maisons ou pour contracter mariage. Si tu as fait cela : 2 ans de jeûne.

Superstitions du nouvel an

62. As-tu célébré les calendes de janvier (Nouvel An) selon les coutumes païennes ? As-tu entrepris une travail exceptionnel ou inusité à l’occasion de l’année nouvelle, un travail que tu ne fais ni avant ni après –à savoir : disposer sur ta table des pierres ou donner un festin, conduire par les rues et les places des chanteurs et des danseurs, t’asseoir sur le toit de ta maison, ceint de ton épée afin de voir et de connaître ce qui t’arrivera dans l’année nouvelle, t’asseoir à la croisée des chemins sur une peau de taureau pour deviner l’avenir, cuire du pain la nuit du 1er janvier pour toi personnellement pour savoir si l’année nouvelle te sera prospère suivant que la pâte lève et prend consistance ? Si oui –parce que tu as abandonné Dieu ton créateur, que tu t’es tourné vers les vaines idoles et que tu es devenu apostat- tu jeûneras 2 ans aux jours officiels.

Superstitions sylvestres

66. As-tu fait ta prière ailleurs qu’à l’église ou dans un lieu consacré que ton évêque ou ton curé a désigné, à savoir près d’une source, près des tas de pierres, près des arbres ou aux croisées des chemins ? Y as-tu allumé une torche ou un cierge en signe de vénération ? Y as-tu apporté du pain ou toute autre offrande ? Y as-tu mangé ou prié pour la santé de ton corps ou de ton âme ? Si oui : 3 ans de jeûne.

Travestis magiques

99. T’es-tu travesti, comme font les païens le jour du nouvel an, en cerf ou en génisse ? Si oui : 30 jours de jeûne au pain et à l’eau.

Superstition du nouvel an

104. As-tu fait comme certains aux Calendes de janvier (=Nouvel An), le jour octave de la Nativité ? Durant cette sainte nuit, ils filent, tissent, cousent, commencent toute sortes de travaux -sous l’instigation du diable- à l’occasion de la nouvelle année ? Si oui : 40 jours de jeûne, au pain et à l’eau.

Les parques

153. As-tu agi comme certaines femmes à certaines époques de l’année : quand elles préparent la table, les aliments et la boisson, elles placent trois couteaux sur la table pour que les trois sœurs que les anciens dans leur sottise ont appelé les Parques puissent se restaurer. Ces femmes dénient la puissance à la bonté divine et l’attribuent au diable ! As-tu cru que ces trois sœurs, comme tu dis, pouvaient t’être de quelques secours maintenant ou plus tard ? Si oui : 1 an de jeûne au pain et à l’eau, aux jours officiels.

La fillette à la jusquiame

191. As-tu fait comme font les femmes : dans les périodes de sécheresse où la pluie fait défaut, elles rassemblent plusieurs jeunes filles et leur donnent comme guide une fillette encore vierge. Elles déshabillent la fillette et la conduisent en dehors de la ville, dans un pré ou pousse la jusquiame -bélisa en allemand. Elles font arracher cette herbe avec sa racine par la fillette nue, avec le petit doigt de sa main droite et lient la jusquiame avec un ruban au petit orteil de son pied droit. Les jeunes filles, tenant chacune un rameau dans la main, font entrer dans la rivière proche la fillette nue, traînant derrière elle la jusquiame. Elles l’aspergent avec leurs rameaux et ainsi par leur envoûtement espèrent faire tomber la pluie. Ensuite elles reconduisent de la rivière vers la ville, en la tenant par la main, la fillette nue qui marche à reculons comme les comme les écrevisses. Si tu as fait ainsi ou si tu as été complice, tu jeûneras au pain et à l’eau durant 20 jours.